Jean Jaurès - La Convention I

HISTOIRE SOCI.\LISTI<! 115rraignaienl, en prt'l ml -ermcnl à !"égalité, de consentir à un partage igal des fortunes, à ce qu'un appellera bientùl « l'é,;alité de fail ». El Cloolz 11c craint pas d'insinuer que si Longwy cl \'erdun onLcapitulé, c·esl parce que la bourgeoisie de ces deu\ 1ille, s'c,l sen lie menacée par la propagande coutre la propriété autant que par les enrnhisscurs. Ainsi, à l'Ouest, au Centre, à l'Est. à llernay, à Reims, à Longwy, mè111e inquiétude, m, 1me appréhmsion. li serait enfantin ùe répcler que la contrc-révolutiou seule c,l re,po11 sable de ces alarmes. Si rétrograde, au fond et en soi, que !ùt la conception ùe la loi a~raire et du 1,artage, il est naturel qu'à cette époque une partie ùu pcu1,le, la plus sou!Trante ou la plu, ardente, s'y soit laissé tenter. ~lalgré la croissance déjà très marquée de la puissance industrielle cl mobilière, c·c,l encore la terre qai apparaissait, si je puis dire, comme la substance de la richesse. C'<•stpar la possession de la terre que l'Église èt les uoLle,, c·e:;t-à-ùirc les puissances d'J1icr qui rt•,istaienl encore, s'étaient afûrmé.,. La bourgeoioie fiC précipitait aux Yenles des biens nationaux, comme pour confirmer à son tour par la posscs,ion du sol sa domination nabsante. Puisque le peuple montait enfin, pui,quïl venait de conquérir le sulfrage universel cl le droit politique, puisqu'il jouait un rôle décbif, puisqu'il allait crccr la H~publiqüe où sa force s'épanollirait, ne de1ait-il pas,llli au,,i, dunncr, pour ainsi dire, à son pouvoir nouveau la cons,1cr.ttion de la terrf, marquer, lui aussi, sa sou1erainelé de cc qui avait éto pendant des siècles Je signe de la souveraineté noLiiLlirc et ccclé-iastique, et de ce qui devenait le signe de la souYcraineté bourgcoi,c? .\insi, fermentaient dans les esprits po- . pulaircs de vague, pensée:; oir d,., élément:; rétrogrades ,e môlaienlà des forces d'avenir. Kéralio croit utile après Clootz, de réfuter encvre la loi agraire, dans Il Chto11iq11ede Paris, de Condorcet, et dans le Patriote français, de Brissot : • J'ai lu dans quelques papiers pul.Jlics, que des commissaires se disant emoyés par le poumir eAéculif et par la Commune de Paris, ont distribué une Déclaration des Droits portant que la nation ne reconnait que les propriété., in,iu-tri 11°;; et assure la \!ai·antie de ce qu'on appelle faussement propriétés territoriale,, jmqu·au moment où elle aura élabli des lois sur cet objet. On ne sait ce qui frappe davantage dans cette insolente démarche, ou de l'audace de quelques individus qui, sans mission quelconque du souverain, osc11l parler en son nom, ou de l'absurdité des projets que cette étrange déclaration paralL annoncer, ou du danger des troubles qu'elle pourrait exciter. li esLimportant de prémunir contre ces pernicieuses maximes, dictées par une profonde ignorance, ou par la plus maligne mall'cillance, les citoyens dont elles pourraico l égarer la bonne fpi. c Ces individus, qui osent s'élever au-dessus du soul'erain, nous décla-

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