Jean Jaurès - La Convention I

HISTOIRE SOCIALISTE accréditer celle idée, pour é1eiller autour d'elle la terreur ou l'espérance, il faut bien qu't'lle ail déjà quelques prisrs. En vain Carra rejclle la conceplion elle-même: il n'a point de peine à rn démontrer la puérilité, mais pour unr parlie 1h1 pruple, des prolêlairr,, ,Jt,, sans-propriolé, il se peul que ce mot de loi agraù e ne soit qu'un symbtJlt•, l'appel à une égalité plus substantielle, à un rf,:im~ pins ,olide de garanti,•, et de droits. Sous ces forme;; rudimentaires, sous.ces enveloppe:; puüilc, s'agitent peut-être des instincts pui:-sanls, des forces itHJnièlt-5. A deux Cois le journal de Condorcet frappe aus:;i : et le gran,I b.inquier co,mopolile Anacha~is Clootz, l"orateur du genre 1,w,iain, iutcr\"icnt luim~me. li témoigne dans sa critique de son sens d'homme d"alîairc:;, il ,ail quelles ,ont les condilion5 el les lois de la production llonrgeobe. c·e,L ,ur un Lon ,iolenl, et comme pour répondre à un Yéritable danger, quïl s·c1c1·e contre la loi agraire : • A bas les perlurllateur:; ! • Des hommes abrnrdes ou p,•rfides se plaioent à répandre la terreur dans l'âme des propriétaires. On voudrait semer la zizanie enlre les F,·an~ab qui YiYentdu produit de leurs terres el les Français qui 1ivent du proùuit d,• leur inùuslrie. Ce projet dé,organisatcur sorl de la boutique de Coblenlz; cl de prétendus patriotes croient se populariser en publiant que les proprii'té., trrritoriales sonl des chimère:; qui doivent dbparallre de\"ant la rèalilti des prnprilti's i11dustriellcs. Ce galimalias ne mérilt•rait aucune réfutation s'il ne jetait pas ra larme parmi les citoyens débonnaires qui craignent autant la perle de leur héritage que lï111asion des Allemands; ce (}ali111aliasa co11tribuéplus qu'on 11e pmse à la prise de LOll()WY et de l'erdw1. • Les tyrans de l'Europe fonl distribuer depuis trois ans, des écrits aristoeraliques el démagogique, où les menaces d'une prélenùuo loi agraire sont eApo,ées adroilemcnl. Si cette menace se réalisait, la contre-ré1•olulion :;erait po,sillle; l'anarchie évilerail la peine aux rois voisins de se coaliser contre la rrance. Les usurpateurs détestent notre régénération, pr,rce qu'elle re,,,l mu propriétaires tous les droits enl'ahis par la féodalité. • Le5 méchants invitent le pauYrc à faire la !!Uerreau riche; mais le peuple esl raisonnable, il comprend f'ort bien que le territoire est la base de l'i11d11,- trie, et que fun ue i•a pas sam l'autre. Lesprédicateurs du parta(}e des terrrs 711, sero11tpas écoutés à la ca111pag11e,t ils ,,.,..,,,1 lapid(s à la ville dont l,•, 110111bre11xateliers seraie11t a11éa11tispar lrur folle doctri11e.U,i om·rier qui gal)11e trente ou quarante sols par Jour est plus riche avec srs bra, et ,es e.,pérances que si l'on partageait nos sohante-quatre millions d"arpcnls cultivés entre vingt-sept millions d"homme,, donl la seconde génération serait réduit,• à une misère, une ignorance, une apathie, une faiblesse qui la meltraièut sous le joug du premier conquérant. • JI u·y aurail plus ni villes, ni routes, ni digue,, ni courrier:;, ni correspon-

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