Jean Jaurès - La Convention I

1112 l!ISTOJl\g SOC! \!.l'iTE pro,(•li les; cependant tout cr qui ,·enait ùe l'arbtocralie avérée ~tant suspect on 1kt!ai,_né, il a fallu pr('111lrcle ma,que du patriotisme cl prôcher la loi agrai1Pen son nom; c'est cc que l'on cs~aic. aojourù'hui. , .\in,i tout hon.mc qui parle ùe loi agraire, ùc partage des terres, est un franc arbl,,cratr, un ennemi public, un ,céléral à exterminer; car si cc n'e,l p,,inl nn eobleneier, c't•,t un intriµ-ant qui tient à qut•lqnc fraf'lion 1111 ,; qu, t, 1 11,· ri""'' de copitali,tn, du11/ la cup,dité atroce, .,pt'culanl ,ur /,, /i1r/t11wpublique, tûll,e d'écarfrr le, rrédu/1•.,cit,J!}t'IISde la l'PIIIPdrs birn, 11•1ti,,11a11, puw· frs acht'ler à t·il prir, ou c11/i11 ù d,•s agioteurs ér;oï.,tesqui, t 11y,11,1 1,ut., vurle{l'Ui/11·.,.;, rn111,lis d'e/frls I i•tlri.·ant ,.,,ynu.r, t·o11dr,1ient en fair,· hau,,1·,· fi, 111·i.J:/Jflr le disctédit des acquisitiuns territoriale.si Tous ces /, ,uu/1,·\ 1e," travaillent IP J,<'uplec1an~1e même ~rn,. .!oignon~-.,; rPs no,n~ brru.,1·.,/a111ill1•sd'•'111ir;résqui roirnl "J•J1rochrrlr 11wmr11/ de la 1·n1le dr leu,·, bil'/1s,el qui vu11drairn1l,irn ,,ue la crainte ,Jµ la loi or;rflire p111la (airt· at·ortcr, JJUisquecelle de, armes prn:;,iennes ne le peul pas. « E\aminons ccpcnt!ant cc fJnlùmc, et rnyons s'il peul jamais acquérir quelque léalilè. Si le peuJJle n ,11ail pa, con,l,m1ment témoigné ,on horrrnr 1, ur lt• pillagr, nous po111rion, rraintlrc de ~a part q1ll'lq11eevh de rc g,'nrt', mab jamais un partage ùes Liens; car ar,rès l'in~urrcclion, où ,crailla garantie de cette ùi\ bion illi-gale·/ • La loi agraire ne 1,eul dune 1a, 11:,uller ùe l'insurrection. Serait-ce la Comcntion nationale ou le Corps lt-gi-1 tif qui pourr.1il la décréter? Celle ,upposilion est inaùn,is,ible; car il !auùrail que tous les membres qui compo- ,,·runl ces as,embl(es lu,sent ù'une i.,norance d d·unc pen er,ité qui n'est 1.i p1ùmuable ni pos,;ilJlc; el quan,l it. la ùécréleraienl, où ,eraiL la force coaclive qui pourrait la faire e,écuter'! J'admire ma complai-ancè à comlJallrt' de pa1 illes ab:;urdilés, et j'.-n demantl, par,lon au, lecteurs ... " Cc -ernil ,éril.rl>1'-mrnl l'histoire de la poule au~ œufs d'or; il n'esl 1>1- à eraindre que la 11<1lionat!11ptcjamab un prinripe dr,lructif <le toute prospcrile. :\lais il •cr,dl l.icli,·u, ,1u"àJ".Jiùe Ùl' œ lcdcr on panînt à remuer le peup1'•, à l'agiter pour ,on malheur, à le soulr, cr pour le précipiter dans l'abîmr creusé 1,ar ses enntmis. Que cem qui joignent des lumiC!resà des intentions pures s'occupent i, éclairer ,on ignorance; qu'ils fassent la guerre aux prc,tiges des 1uaheillanb, plus à redouter peut-0tre que les armes des IJrigands prussiens et autrichiens. • 11 nie ,emblc bien que le juurnal de Cana n'e,t pas sans appréhension. S'il c,l besoin à ce point d'éclairer l'ignorance du peuple, si, pour e,pliquer l',•xpan,ion de l'idée de loi agraire il faut alléguer ùes manœuvres capitalistes, ue, ruse, d'agioteurs, des mensonges d'émigré,, si toute la contre-ré\'Olulion. une partie des financiers spéculateurs et une tumultueuse avant-garde popu Jaire agissent, par un concert volontaire ou involontaire, pour propager ou

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