HISTOIRE SOCIALISTE avez sacrifié un temps si précieu, à plaider la cause <l'un meurtrier dont l'idée seule des atroces forrails rovoltc la nature entière. Elle s'étonnera enfin qu·u,w Co1l\·cntion nntio,rnlc, compo,r'e d'lto'/nmes choisis librement dan, tous {Ps état, sans di,1it1ctio11, qu'une Convention revMue de, plrin~ pouvoirs d'une grande nation, et en qui elle fondait s•s rlerniêre, e•p•1r;1ncrs. que celte Co1Hention <1uidevait être le nernicr boulevard du peuple, en airachnnt jn,qu'i, la dernière racine de l'oppression cl de la tyrannie, ait mis antanl de lenteur que de failJlc,sc dans le juC(rmcnt du tyran le plus barb:1rc et le plus sanguinaire qui ftil jamais. » L'accent, mals;ré une certaine em11ba,e, est ,isonreux et brulai. Et nous non, donncron, le plaisir, quand nous a,,faterons au procès du roi, cl'entendre encore ,onner celle forte parole ouvri/orr. ~foi, ce c1ueje note en ce moment, c·esl l'idée que se fait Pointe de la Convention; sa force vient de ce qu'elle corn I rend des hommes de tous les étals; l'ouvrier député ne se demande pas si les éléments de la vie nationale ,ont bien repré,;entés ,, la Convention dans leur proportion véritable. Qu'un ouvrier, m~me seul, soit à la Con, en lion, cl quïl ait dépendu de la seule YOlonté des électeurs d'y en envoyer plusieurs, ,··est là en effet un grand éréncmenl. Dans aucune assemblée de l'histoire, tous les états n'a,aient élé représentés: ni dans les assemblées a11tiques, qui excluaient l'esclave, ni l'ans les assemblées barbares qui ne comptaient aussi que les hommes libres, ni dans les communes anglaises où seules une aristocratie foncière et une oligarchie bourgeoise avaient accès. Oui, pour la première fois depuis l'origiue des temps, le plus humble des l1ommes, l'ouvrier manuel, le prolétaire héritier de l'esclave, était appelé à la souveraineté. Vouvrier de la fabrique moderne ;ippelé à juger le roi, et gourmandant pour ses lenteurs la bourgeoisie incertaine et diviH1e, l'ouvrier de fabrique, le rude manieur clu marteau et du ciseau faisant la loi avec toute la nation et pour toute la nation, c'est un grand spectacle, et, si je puis dire, une Hévolution dans fa Révolu lion. Il faut savoir gré à Noël Pointe de l'arnir senti. Une l'ois encore il insisle sur son origine populaire: • La dernière ressou,rce des a,ocats de Louis est l'ar,pe\ au peuple. Je suis bien loin de vouloir usurper la sou\'eraineté nationale: ce serait moimôme me ravir mes propres drofü, car je suis vraiment du peuple.» Évidemment, l'ouuier ormuricr donne ici au mot peuple un sens plus profond, plus prolétarien, que celui qu'il avail souvent alors dans la langue politique. li songe au, usines dont il est sorli, aux bons et .rude;; camarades d'atelier. El lorsqu'il ajoute: • Quant à moi, qui liens à plus grand _prixl'estime publique que les richesses et la vie, je ne partagerai point avec de timides collègues la honLe et l'inramie qu'il; auront méritées. Je suis venu pur de mon département, Je vem y retourner sans tache », il est visible qu'il a encore présentes à la conscience les objurgations de ses amis et compa,gnons de lravail,les ouvriers
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