Jean Jaurès - La Convention I

i08 HISTOIRE SOCIALISTE --------------------------- " Il n·esl pas non plus inccndiaüe, car s'il a proposé de donner aux sansculottes les Mpo11illes des ari,locrates, il ne peut pas être actu,é d'avoir YOulu les incendier. Quant au ,yHèmc du I artage clcs le, rc, qu·o11l11i impull', il a une trop mau,aisc idée des mœurs de ;es concitoyens ponr être tenté de faire 'jamais une telle propo,ition; car le partage des terres et des propriété, ne peul avoir lieu qu'au milic11 d'hommes parfailPment pur, et tou• vertueux; or, :llaral, je le dis encore, est bien trop éloigné d'avoir une idée assez avantageuse de ses contemporains pour foire une pareille proposition. • J'ajoute encore pour tous les modérés, que qua11d tous les reproches qu·on lui foit seraient vrais, comme on le repré,ente comme un désorganisateur, il faudr,lil l'atlacher à l'organisHLion; je di; donc que pour celte rai;on les mo,lérés doiYcnl le porlcr à la Convention. Pour la même rai.on, les ari,- locrale, doil'e11l l'y porter, car la Con1entio11 nationale n'ayanl aucun droil sur la liberté de la presse l'l le peuple ayanl seul lïnspeclion de celle parlie, si ~laral n·est pas ùe la Convention 11alionale, il écrira contre eux, et cerles le peuple ne se chargera pa, du soin de les venger; il est donc de leur inlérêl de l'y foire entrer pour lui donner {les occupations qui le délournenl ,le celles de les pour;;uivre. « Les chauds patriotes doivent également l·y porter; car, {Juoique la dépulation de Paris s'annonce sous les meilleurs auspices fl que j'espi're hien que le reste clu choix répondra il ceux qui sont déjà faits. il ne faut pa, se flatter que les départements vous envoient tous des Robc,pierre, des Danlon, ùes Collot d'Herbois, des Manuel el des Billaud-\'arennes; je dis donc que, qua11rl nous serions sûrs d'être cinquanle enragés à la Convention nationale, ce ne devrait pas être un molif pour négliger d'y faire entrer le cinquante el unième. Je dis donc que les chauds patriotes doircnt encore y porter ~laral.,, Je fais la part, dans cet drange boniment électoral. de la gro,sièrl'té d'esprit el d'âme du capucin débridé. ~laral anime ses Yiolents el sanglanl,; parado~es d'une sincérilé si passionnée, d'une colère el d'u11e sou!îrance si aiguë. que, jusque dans lïmpression pénible qu'ils laissenl il l'esprit, il entre quelque respect. Chabol les converlil en lourdes facéties de cou1mt, el ils de,iennent odieux. Mais ce que je voulais retenir, c'esl que Chabol a lraduil évidemment la pensée de beaucoup de ceux qui élurenl ~faral. lis espéraient le calmer, le neutraliser et noyer celte flamme imporlunP. Ce n'esl pas ainsi qu'on aurait pu parler aux Jacobins d'un homme en qui Pari, aurait senti battre son cœur. Pari,, toul en nommant d'abord et au premier rang fiobespie1-re, n·avail pas voulu non plus se livrer à lui. Paris, en écartant la Oiro:i<.le,avail voulu simplement marquer son désir d'en finir avec les demi-mesures, avec les combinaisons lrop dilatoires el trop lrnbilrs, el <.lonner à la France révolutionnaire l'élan déci,ir ,•ers la liberté el la \'icLoire. El au fond, les déparlemenls, quand ils nommaient la majorité des

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