Jean Jaurès - La Convention I

l!JSTOIRI·: SOCIAI.ISTR 103 dans la Ré,·olulion J,. ll1t•orid"n connu du meurtre si·stém,1ti1111r.L~ \t·rit(• évitlenlc est qu<•llarharon,. avec ,a facilité rt rn vivacité <l'impressio,·s. n'arnil pa, résisto à l'altrail du f(ranll nom t'trange el rerloutahl,· clr )laral, et il n'avait <;lé mi~ en garde ,·ontrc lui par aucune rCpugnïHH'C intinw et profonde. ~laral, dans une note <le son numéro <111 !) octohre, 1·0110rmccett,· s1lrte ùc liai$on 1,as~agPreavec Darharou, : u ~r.tlgré leurs insult<",, je n·,,n veux à au~un de ers JnP..;sieurs prr"nn• nellemcnl, pa, m '.,ne à Réhecqui dont le ton !',l si arrirnnni,•1n. J'ai rit dr, liai.;;ons 1uo·ticulù~res avec Rm·brtl'ou.c, llani, un lt'mps oil il n·h.-1il /HIS tnurmrnlé ck la ,·rt[JP dt> jQurr un rtUI'; c'était un hr,n, jflunr lwm,mP qui ai1nail à s'in"ilruire auprè.r;dr mui. ,, Pas plus qu·a Uaiharou, ·l1ii-m,.,rne, Ja fif!'u•·e de )la rat cl quclqucs-u11es de se, pensl'<'Sn'anra,ent fait peur ,, la démocratie marseilldise. Amsi bien, Barbaroux lui-mh,e nous apprend, cl.in, J'analyse très sé1i•re qu'il fait de l'.lssemblée él,•cto ·aJi, rlP~Bonclws-,lull.hône tenue à Avignon, qu'elle applauùil au, rna,sac,·es de sept0mhre. « Qu'on se représente une réunion de neuf c,'nls personnes, en général peu instruites, n'écoutant qu'avec peine 1,,s gens modérés, s·abandonnanl aux elTen·escents, el dans cette a,semblée une fonle d'hommes avides d'argent el de places, dénonciateurs éternel,, suppo,ant des troubles ou les e,agéranl, pour se faire donner de lucratives commb,ions; des intrigants ha• biles à semer la calomnie, de petit, esprits soupçonnrux, quelques hommes vertueux, mais rnns lumières; quelques gens éclairés, m1is san, courage; beaucoup de patriote,, mais rnns mesure, sans philosophie; lei était le corps électoral du ùép1rte•nenl des llourhe,-du-Rhône. Cn trait le peindra mieux que ce tableau 1r~s im;iarrail. A t,, nouvelle des marn,cres du 2 septembre il fit retentir Ir, salle de ses apµla11di,seme11ts. Cependant je parvins à diriger celte assemblée; mais, je dois le ,lire, c'esl par ra,cendaol immense que me donnait l'honorable opinion de )tar,eillc. • Yoilà donc un peuple effervesc,,nt et excitable, prèt à aller dans l'action révolutionnaire jusqu'à la politique maratiste. Or, ce môme peuple, celle même assemblée n'ont poinl d'opinion sur Rohespierrc; el c'e,l de Barbaroux qu'ils la reçoivent: " Le hasard me fournit, clans les derni'rcs séances, l'occasion d'énoncer des vérités trop rapi,lement oubliées. Un ~larscill:\is <'crivil de Paris contre llohcspierre à la société de )lar,eille, La socielé incertaine s'en remil à mon opinion, et me chargea de lui dire ce que je pensais de cet homme. La lettre adressée au président du club électoral ful lue ur lrs secrétaires, el l'Assemblée exigea que Je lui manifestas,e l'opinion rlont je fuais parl au club. Je ne balauçai pas; je rapportai les lentaliw, lail,·s par Robespierre auprès de Rebecqui, de Pierre Baille et de moi, pour s't'l,•1<'r à la dictature par les ~larseillais. (C'est l'accusation fort téméraire que Barbaroux porlera bientôt devant la Convention.) Pouvait-on rroire qu'il ail ces-é d'être tourmenté de celle ambition, lorsqu'on ,•oyait par les 11ou,·ellcspu-

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