Jean Jaurès - La Convention I

102 JIIS'l'OIRE SOCIALlS'l'E " li ,·c11 fallait 1k lwancoup c111ela ,·illc ne re11lerm.U qne des patriotes scmhla!Jle, à cr11, ri. l'ne hande de scélérats, vomis clPs maisons de rl6- !J,urhe, dominait ~lar,eillr par la terreur. li n'y avail pour eux ni lois ni ma!!i,tral, ;... forts du ,ill'nce du maire ... el du délire clu peuple toujours pr.,mpl à frapper ceux qu'on lui c!Psigne comme s1•, rn1wmi,. ils prndairnl sans obslaclc ks homme, qui leur dép'ais,ienl. el pr,J!ilaienl rie la consternation l uhliqne pour rançonner les riches. Dès que nous connùmrs ces horreur~,nous c::;onp:ci.lmes- 1 fl(•hrcquiet moi, au moyf~nde le:-;répri111 lr. ~hi~, il faul 1~ <lire, il 11·y a,railni a5scz dr co11ra!:!e dans 11 •::- hommr5 de bien, ni a,,rz de ,erlu dans les coqls a-rlminislratifs pour qu'on p0l atlaqurr de front Ir, hri!'ancls. » C·est en insli lnan l un l, ibunal rél'OI11'i ,n nai r,' que B, rbarou x cl llèhecqui vurrnl r~gler el tempérer le mou,cment... Dr, commi-saires de L.\ssembléc Li•~i,latil'e avail'nl fait arrêter, sur des soupç,111,;lrh \'agues, de< ciloyr115 ,Jans Ir, drparlcmcnls voisin, de Mar,,,ille, 011on Ir- m·ait conduits. Ils eussent Hé ma,,acré, ~ans cc tr buna!; mais l<'ur conduite, mieux c,aminée, n'ofîril rien qui ne fûl honnèle; el le peuple, en leur apJ>orlant dC'S couronnes de lauriers, confirma le jugement qui les a,•ail absous, La col/ore el la méfiance ré,·olulionn ,ire, du peuple t\co ;\I,rseille 1ùdlaienl donc point ju,qu·à la fréné,ie: mai, qui ne voil rJ11·,1·o1c·cll,• :irdeur de pa-,inn il semhlail tout prêt à entrer dans la politique de RobP,pierre el de 111:trat?Du reste, rhosr curiru,c, 13arbaroux l~1i-m, 1,11r, m(·lé à Paris depuis quelques mois il tout le mou,·emenl ré\'olulionnairr, avait fr,•qurnlé ~lural; el il avait élé sur le point de l'emmener à ;\[ 1rseille q11eb1ue, jours al'a~l le Di, .\oùl, quand ~laral dé,cs1érait de la R-'•10lution el de lui-mème. Barh:1ro11, s'en explique a\'CC quelque cmb,1rras: « t:n affidé de ;\Iaral me conduisit clans un café de la Grève, el de là, chez une femme où la conférence (avec Marat) eut lieu à neur heure, dn -o'r. ll m'engagea surtout à le conduire à ~larscillc; il se lrnvc,lirail, me dit-il, en jockey: je ne promis ri•·n, je craignais trop de faire un mauvais l'acleau à mon pays. Cependant, croyant qne sa douleur dérangerait d,1vanL1ge sa tête, je lui donnai quelque consolation. Je pensais alor, que se, discours sanguinaires étaient le délire de son esprit; el non l'épanchement de son :lme alroce, Je n'ai bien connu illaral que lorsquç j'ai vu signée de lui la lell,e p~r laquelle le Comité de salut public de la Commune de l\1ris engag-eail toutes les municipalités cle France à imiter les massacres du 2 septembre." On comprend l'e!Torl de Barbarou~ pour se dèlendrr de toute complaisance pour Marat. Accuser Robespierre de diclalure el avoir été le confident de l'homme qui réclamait sans cesse une diclalure I évolulionnaire, mener avec la Gironde Loule la campagne forcenée contre les ,. ma~rn Teurs » de septembre el avoir été l'ami de celui qui les conseilla, la conlr,1dictio11 est un peu violente. Barbaroux allègue en vain que la circulaire du 3 ~eplembre lui ouvrit les yeux pour la première rois. Marat étail depuis longtemps

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