IIISTOl!lE SOCIALIS'l't~ hre 1702, il tint à la tribune le mOme langage, il e,prima, au sujet drs élections, le mômr regret : " Etranf:rr aux r(•volution5 de Paris, je suis arrivé dans la confiance que jr retrouverais ici mon âme indépendante, cl que ri,..n ne me ferait sortir de la Yoic que je n1'étais tracée. Cependant des hruits défavorables, l'histoire des ~cènes ùc sang m·avaienl aliéné. l•:1 si c11s sch1f'S araienl étd 1·rtracérs au fond de no, provinces dam leur terrible ri'alitt', pNtL-èlte, législateurs, no, a,sembli'es i'lectorales vous auraient com11w1ul<d' 'aller .<iégerail/eur.<. • Quel étrange langage : les rh-ol111io11dse Pari<, comme si elles avaient eu un caracl~rc local, comme si le 1 'I juillet et le 10 aoùL n'arnicnt élé que des él'énèments parisiens! Mais ces regrets mômes de Buzot, et les reproches qu'il adresse à ses amis, aux journalistes, c'est-ü-dire à Brissot, à Carra, à Condorcet, au~ députés, c·est-à-dire à Yergniaud cl à la Commission des Douze, démontrent que les dirigeanls-ïle la Gironde ne mêlèrent pas les journée, de septembre am élections. Ainsi'I'élan révolutionnaire ne rut pas brisé. Ain,i le parti révolutionnaire put opposer sa force d'unit(• encore intacte à Lous les ennemi, de la révolution du 10 août, aux royalistes el aux Feuillants. Et Buzol lui-mî·me, quoiqu'il fùl en somme averti des événemrnls, garda Je silence. Il n·osa pas rompre l'unité morale qui, en celle heure vraiment décisirn où la Convention naissait, sau\'a la libert6 et la patrie. Ce n'e,l pas que les deux partis n'aient cherché it tourner it leur profil les élections. De nombreux envoyés de la Commune de Paris propageai1•nt dans les pro,inces le nom de Robespierre el le louaient. ~Jais souvent leur exaltation mème, leurs déclarations ambiguës ou inquiétantes sur la propriété desservaient lrur cause. Les Girondins arnient, dans l'ensemble du pays, une grande avance. La popularité de Roland, qui avait tenu au roi un ferme langage, el qui, après le 10 aoùt, était rentré en vainqueur au ministère, était encore intacte dans les départements et elle se communiquait aux candidatures girondines. Peut-être à ce moment l\obespierre regretta-l-il de s'être exclu lui-mème par la loi dïnéligibililé, de la Législative; il éprouva sans doute qu'il avail laissé à des rivaux tout l'éclat du pouvoir, et les principaux moyens d'action. c·est Yergniaud qui présidait la Commission des Uouze, qui amil proposé les décrets décisifs. c·est donc la Gironde qui de Join résumait pour le pays les grandes forces révolutionnaires. L'habileté fut grande aussi, de la part de Holand, d'envoyer, aux assemblées électorales, la justification ùu Dix .\oùt qu·au nom de la Législative l'illustre Condorcet, le philosophe ami de la Gironde, allaqué par Hobespierre el glorifié par Brissot avait rédigée. La pensée de la Gironde semblait ainsi se confondre avec la pensée de la Révolution. Et c·est elle qui semblait marquer de son sceau les grandes choses accomplies. Salaire démesuré sans doute, mais équitable en principe, des hommes qui acceptent les responsabilités directes de l'action. Les l.lirondins,
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