Jean Jaurès - La Convention I

!)(; IIISTOII\E SOClALISTI-: corc où /'011po11rrait now cond11irP, mais 1111 pr1•s.,e11timcutdont je ne po1tl'Oisme d1'fe11dre,sur q11e{quPsfait, qui ètaie,1/ parvenus à 1,w cm111aissance, m'a1·1•rtis,ait des 11010-cauxdanyer., quP j'allais courir, Pl des malheurs quP mon ù,(lexiblP probité allait 111·a11irer. Mais pouvais-je refuser ce nouveau sacrifice de moi-mème à mon pays'!» Ainsi Buwl ne conle,lr pas qu'il fûl ren,eigné sur les événements de Pari•, ,ur la rivalilé crois,anle dr la Girondr el de nobe,pierre: il prcssentail même quel« <;ironde allail ouvrir une crise redoulahle par la lulle conlre Paris, mais il se plainl tle n'aYoir pu, dé, les éleclion°, engager le combat par un commenlr,irn passionné des journées de septembre. I::n un autre passage, il reproche nellemenl i• ses ~mis girondins rie n'arnir 1ias a\erli le pays avec une suffisanlr nelleté, au monwnl même où l'averti%emenl aurail pu èlre le plus utile, c·e,l-à-dirr pendanl la période électorale. « li fa11len conl'enir. écrit-il, les premiers tort, ,onl au, journali~lcs clu temps. au" Mputé,; rnrloul dr l'Asscmhlée législative q11inïn,lruisirenl l~urs cléparlements ni de létal où se trou, ail l'.\ssernblée, ni de l'étal <k la ville de Paris. Le, plu, courageux d'entre eu, ne ~·occupèrent que d11,;oin cle pallier les faute~. crr,cu,,.r les écarb. de cacher le, cxc,'s Pl les crimes. Sïls eussent rail parvenir la ,érilé ju<qu'à nous, .11/s c11,,e11t osé la dil'r a11.1 a.,srmblées électom/r,, la Fm11t1·i'lait ,auvée, a1·ec la /ibrl'/l, la pair, le bonhrur. CuP .,e1tl1·résolution p,.i,e d111h les assemb{ùs électora/r, e1it .,uffi pour upr'l'er cela. Il ne fallait qu'enjoindre aux dépul~s de se réunir ailleurs que clans Paris, el )laral, Danton, nobespierre, avec leurs associés n·entrai(•nl J}oinL dans le sein dr la Convention nation;,Je; on ne préYil rien, la Conve11lion I inl à P.:ris, el loul fut perdu. ,, Étrange aberralio11 de celle ùrne orgueilleuse. déùile au fond el aigre! JI déplore en somme qu'aux élections n'ail poinl élé donné le ,;ignal de la lullc contre Paris. li oublie c1u·au momenloù la Hévolulion avaiL à lutter contre la royauté caplire, mais qui gardail encore un grand nom, el coutre l'élrauger e111ahisscur, elle ne pouvait, sans se perdre, déclarer la guerre à Paris. Quelle n'eûl pas été la stupeur du pays, quel n'cùl pas élé son désarroi si au lieu de se prononcer enlre la royauté cl la nation, il avaiL eu à se prononcer e11lrc Brissot el nobespierre, entre Holand el Danlon ! c·esl l'esprit dC\coterie el de sccle porlé jusqu'à la folie. Heureusement pour la Révolution, el pour la France, la Gironde n'euL ni assez de temps, ni assez de décision pour jeter les événements cleseplembrn dan~ la bataille électorale. Quoi! à l'heure où la conscience r<ivolulionnaire avail bernin de haute sérénité, d'unité el d'élan, il aurait fallu la bouleverser cl la diviser contre elle-même! Il aurail fallu lui propo,er l'é11if;me de, journées de septembre, où la responsabilité des partis el des hommes esl pre,que indéchilTrJble, au lieu de lui propo,er la grande et claire question de la Hépu• blique el de la liberlé ! Encore une fois, c'eût élé un crime.

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