Jean Jaurès - La Convention I

lllSTOIHE SOCIALISTE inergiquemcnl prononce. Connus et commentés plus Lôl. ils n'auraient san~ doult' pas changé le sens général des élections, mais ils aura,enl peul•èlrè, en pins d'un point, jeté un grand trouble cl amorli ù'un poiùs secret de réaction el dïnguiélucle l'élan révolutionnaire cl nalional. Il ,en faul que le parti de la Révolulivn l'ait emporté partout sans difficulli et ~ans résistance. Je I icns de noter d'après Chassin la dangereuse lactique de, contre-révolulionnairc, de Vcnrlée. A l\ouen, la concentration des fore,•, d'ancien régime et de la haute bourgeoisie industriellr, feuillantine et moctért·e, semblait redoutable. Je lis, par e,emple, dans le Patriote français du 3 septembre, celte curieuse lettre de Rou(•n : • J'ai le plaisir de Yous annoncer que la paix est da•1s nos murs, mais pas pour longtemps: les Fe1tlllanli11.,de lr, Cour abondrnt ici en foule et soul appuyé~ par tous te, corps constitué,; lrs Jacobiu, ?! ,0111 ùuli91wne11t traitr's; les portefai.1·, les dome.<tiqurs des sci9neurs, le.<chei·alier, du 1wir11wrdduive11.tl'Oter aux assemblées ririmaires et r11ér-arlrr Lou, les patrio/f•s. Lrs ouvrier.<de nos maw,facture., ont ,·eçu des étrennes ad hor et sont menacés d'être sans om·ragc .,'ils ne 11ommr11lpa., aux que no.<11h1ocia1111, 1:urdilsi• gne,w11. !Je, dlpar/e111e11taires (membrrs de radministr,1lion du département el gens de loi ballent les ca111pag11cspour accapaN•r les suffrage.<, di,e11t 1llille lwrrew·s de l'Assemblée natio11alc. Le fJavre, /)ieppe, Caudebrc sont dan.<lrs mh1tes p,·ùicipes que Rouen. » C'était une alarme cxce,sire, car aucun des candidats redoutés par le corresponrlant de llrissot ne fut élu, et le, « patriotes• remportèrent. Mais il est certain que dans la nation appelée pour la première fois au suffrat:e universel et dans le peuple même il y avait bien des éléments de réaction, et J'influence combinée de.s hommes d'ancien régime el de la grande bourgeoi,ie modérée aurait pu entraîner même une partie du prolétariat ignorant et misérable. A )lonlauban, ce n'e t pas sans lulle que les démocrates, les révolutionnaires l'emportent. Jean-Bon Saint-André, l'âpre el souple pasteur protes• tant dont M. Lévy-Schneider a fouillé l'œuvre el la vie en un livre tout à fait remarquable, avait groupé autour de ln iles éléments ré1·olulionnaircs. La ricbc bourgeoisie calviniste avait d'abord adhéré pleinement à la Révolution. Comme toute la bourgeoisie industrielle et possédante, elle y trouvait une garantie de développement. l<:len outre, c'était r,our elle la sécurité de la foi, l'autonomie de la conscience enfin conquise. A Montauban surtout, la violence du fanatisme catbolique aviva, dans l'année iiOO et une partie de l'année i791, les sentiments révolutionnaires de la bourgeoisie. Mais quand elle fut enfin assurée de la liberté, quand la puissance oppressive de l'Église catholique lui parut définitivement ruinée, elle désira le repos dans la Constitution de 1791, el elle s'inquiéta de l'ébranlement républicain qui suivit la ruile de Varennes; elle s'inquiéta des revendications démocratiques du peuple

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