832 IIISTOII\E SOCIALISTE Quand M. de Mercy, qui correspondait avec Mirabeau par l'intermédiaire de Lamarck, quitta Paris en aotH 1790, il ful convenu que le ministre Montmorin serait mis dans la confidence des rapports de Mirabeau el de la Cour. Mais débile, de volonté faible, d'esprit fuyant el de pelllo santé, Montmorin ne s'engagea jamais bien avant en aucun sens. D'une part, il ne sul pas conquérir sur le roi el la reine assez d'autorité pour les maintenir dans la voie de la R 0 évolulion. D'autre pari, bien qu'il semble impossible quïl n'ait pas deviné les préparalirs de fuite, il ne fut jamais le confident du roi el de la reine. Fersen déclare expressément que Bouillé el lui, en France, étaient les seules personnes dans le secret : et comment la Cour l'e0t-elle confié à Montmorin puisqu'elle voulait le cacher à Mirabeau? Montmorin semble avoir é,ité d'approfondir les intrigues qu'il soupçonnait, de peur d'être obligé de prendre un parti el d'assumer des responsabilités. Quand s'ouvre la Législative les événements le pressent el il va être obligé d'adopter une conduite un peu ferme el nellc. D'abord, l'acceptation de la Constitution par le roi rélablil les relations officielles entre la royauté conslilulionnelle et les puissances étrangères. En mémo Lemps] la diplomatie occulte de la Cour continue: quel jeu jouera ~lontmorin7 La situation devient difficile el même périlleuse, d'autant plus que lïrrilalion crois,ante de l'Assemblée contre les émigrés, les discours de Brissot et d'Isnard, les premiers décrets contre les princes, les menaces grondantes contre l"Autriche, tout annonçait une période d'orages, de difflcullés el de dangers. Montmorin se déroba. Je ne puis m'expliquer qo·ainsi sa retraile. C'est le 31 octobre ii91, onze Jours après le di6cours de Brissot, qu'il annonça sa démission à l'Assemblée : « Dès le mois d'avril dernier, j'avais donné ma démission à Sa ~ajesté, mais la distance qui me séparait de celui qu"elle m'arnil destiné pour successeur me força de continuer mon travail Jusqu'à la réception de sa réponse qui fut un refus. Depuis, je ne trouvai plus où placer ma démission, el l'espérance d"êlre encore de quelque utilité à la chose publique el au roi, put seule me consoler de la nécessité de rester dans le Ministère, au milieu des circonstances qui en rendaient les fonctions si périlleuses pour moi. Aujourcl'hui Sa Majesté a daigné agréer ma démission. » Syhel commet donc une légère erreur matérielle lorsqu'il dil que c·esl le décret du 29 novembre contre les prêtres el les émigrés qui détermina la retraite de Montmorin : elle était décidée el annoncée dès ln fin d·octobre. Mais c'est bien la difficulté croissante des choses qui décida Montmorin au départ. Sybel parait croire que c'est parce que :\Îontmorin ne put faire adopter "par la Cour une polilique vigoureuse conlre la Révolution qu'il se retira. El le témoignage de Mallet-du-Pan auquel Sybel se réfllre csl en effet très précis.
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