HISTOIRE SOCIALISTE 827 • !,/es lecteur, m'acc11uronl peut-!trr tf'avoir chan91' dr doctrùu : ce n'est pas ma fall/e s'ils ne savent pas lirr. Dans un temp.<où les patriotes iclairés remplissaient les trib11nesde r Assemblre 11atio11alcet formairnt fa11dimce des tribunaux, je le<ai souvent int•iti's à rappeler a11 devoir par des 1igws d'improbation les dilptllh, lrs a9ents du peuplr : rt j'avais raison. Aujourcfhui que les patriotrs ,i'o•rnt plus se montrer et q11eles ennemis de la liberté remplissent les tribunes du Sénat, et se tro11t•e111partout, jé demandr qu'on les emptlchr d'applaudir en lu forffllll au sllencr; c'est une arme d0119ereuseque je cherche à faire tomber de lrurs mains. • Ainsi, en celte fin de 1i!ll, l'étal de l'esprit public élail inquiétant pour les hommes de la Révolution : il était presque cléscspéranl pour ceux qui auraient ,oulu vraiment in~taller la démocratie, donner à tous les citoyen, le droit politique, el obliger le pOU\'Oir e,~rutïr à s'inspirer des ,·olontés de la nation. La cour, dont on devinait, mais dont on ne pouvait démontrer les inlrigues au dehors, al!ectail au dedans un zèle minutieux pour la Constitution. El, à vrai dire, celle-ci avait encore rait la part si belle à la royauté, qu'elle pouvait être très puissante tout en restant constitutionnelle. Le roi a,ail décidé, pour préparer plus sQremenl le remer•emenl de la Coo,lilulion, de paraitre la respecter. El le parli des Lnmelh cl dr llarnave,qui ne siége,,il plu, à l'Assemblée, mais qui essayait de prolonger par des moyens occulles son influence, semblait accept~ par le roi comme conseiller, comme guide. Jusqu'où allèrent les rapports des Lameth el de narnave avec le roi cl la reine·? li e,t malaisé de le dire. li semble qu'il n'y ail eu, apr~s !"acceptation de la Con,lilulion, qu'une entrevue de Uarnave el de Marie-Antoinellr; mais, quoique ll.1rnavc n'ait pas lardé à s'éloigner de Paris, il e,t certain qu'il donnait fré11uemmcnl Ile, avis. Ces communic~tions de la cour avec quelques révolulioonaires modérés lnquiétai~nl les ami:; iotram,igeanls de la royauté; Marie-.\nloinelle est obligée d'écrire à Fer,en le Ill octobre : • Ras,urez-rnus, Je ne me laisse pas aller aux enragés, el si j'en vois ou que j'ai des relations avec quelques-uns d'entre eux, çe n'est que pour m'en servir, el ils me font tous lrop horreur pour Jamais me laisser aller à eu,. • Yais ils avaient beau lui raire horreur, par le seul fait qu'elle correspondait a1•eceux, elle élail obligée de les ménager, de tenir compte de leur politique. Or, elle se résumait en deux traits : pratiquer la Constitution au dedans, de raçon à faire tomber peu à peu l'effervescence révolutionnaire el à restaurer par le seul jeu de la Con<titution elle-mtme la force du pouvoir exéculir; au dehors, maintenir la paix pour éviter le conlre-cou1> d'une inlerventlon étrangère sur l'esprit de la France. Il parait donc infiniment pro• hable el même à peu près certain que la cour la!•sail ignorer am Lameth,
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