Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

IIISTOinE SOCI.\LISTE 1283 cessairement il ralliera beaucoup de monde autour du roi et le mettra en sQreto; qu'aulrement personne ne peut en répondre pendant vingt-quatre heures, la troupe des as$aSsinsgro,sit sans cesse. • Mals quelle anarchie, quel chaos dans les pensées do celle Cour alfolée1 Pendant que Louis XVI accrédite Mallet du Pan auprès des eouverains, pendant que celui-cl essaie d'obtenir la rédaction d'un manifr~te relativement modér6 de ton, Fersen, nmi et con!ldent de la reine, iosi~tatt pour un manlfegte violent, et il dénonçait h la reine même, comme une fâcheuse Intrigue, les d6marche3 de Mallet !lu Pan. Voici ce quïl écrit de Dru~clles à )l.irieAnloinelle, le 28 jul11tl : • Nous n'avons cessé de presser sur le manifeste et les opérations, elles commenceront le 2 ou 3 aoQI. Le manifeste est fait, et voici ce qu'en dit au baron de Breteuil M de BoullM qui l'a vu : • ûn suit entièrement vos • principes, et j'ose dire les nôtres, pour le manifeste el le plan général, " malgré les Intrigues dont j'ai élo témoin et dont j'ai bien ri, étant bien sQr, • d'après co que Je savais, qu'elles ue prévauclrnfonl p3s. • - Nous avons i11sistépour que le manifeste soit me11açant, surtout pour ce qui regarde la respo11sabilité sur les personnes royalrs, et qu'il n'y soit jamais question de Constitution ou de gouvernement. » Le même Jour, nouveau billet de Fersen à la rcioe : • Je reçois llans ce moment la déclaration de 1\1. de Brunswick, elle est fort bien: c'est celle de M. de Limon, et c'est lui qui me !"envole. » Et il ajoute, pris d'angoisse à la pensée des périls qui menacent la reine: • Yolci le moment critique et mon Ame en frémit. Dieu vous conserve tous, c'est mon unique vœu. S'il était utile que vous vous cachiez Jamais, n'hésitez pas, Je vous prie, à prendre ee parti; cela pourrait être nécessaire pour donner le temps d'arriver à vous. Dans ce ca~, il y a un caveau dans le Louvre attenant à l'appartement de M. de Laporte; Je le crois peu connu cl sQr. Vous pourriez vous en servir. • C'est aujourd"hui que le duc de llrun~wick se met en mouvement, il lui faut huit à dix Jours pour être à la frontiore. • · Malsdans les mêmes lettres ot1Il laissait ainsi percer sa frayeur, Fersen transmeltail à la reine les combinaisons ministérielles du baron de Breteuil. Il y a je ne sal~quoi de tragique et de boulfon dans celte distribution cleportefeuilles : • Voici le projet du baron µour le ministère; il veut qu'il soit tout clans sa main pour éviter les contradictions; Il donne la guerre à la Galissonnière, qui dit-Il, lui a fourni de très bonnes idées; la marine à du Moutier; les sceau.x à Barentin; les affaires étrangères à. Dombelles; Paris à la Porte et les finances à 1'6vèquede Pamiers. • De Breteuil était un homme de INe : li ne s·oubliail pas dans la tourmente. El d'aUleats, Il était sôr de la victoire.

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