1282 IIIS'l'OIRE SOCIALIS'fE me gardai bien de le dire à ceux qui ne devaiènt pas le ~a,·oir. Je demandai qu·une députation de six membres lût emoyée vers Pélion pour savoir quelle ,crailla conduite quïl tiendrait si le château était attaqué. Le président, qui nommail ordinairement les membres d(} ces sortes cle clépulalio:1s, désigna, ainsi que nous en étions convenus, !rois membres de la Gironde cl trois membres cle la Montagne Les premiers furent Genso1\né, Isnard el Grangeneuve; les autres furent Duhcm, Albille el Granet, de Marseille. • Pétion répondit catégoriquement quïl se rendrait au c!Jàleau, el que s'il élail attaqué, il repousserait la force par la force. Les trois membres de la Gironde déclarèrent en :renlranl qu'ils partageaient l'opinion de Pélion et que la violence élail un moyen trop chanceux pour qu'ils crussent devoir y prendre part Celle séance fut la dernière. • Chouclieu esl un honnête homme el un homme brave; c'est lui, on s'en souvient, qm porta le premier à l'Assemblée une pétition de déchéance. Mais il avait la haine des Girondins, cl sans doute, pour leur enlever toute pari de mérite dans la journée du 10 aoùl, a-t-il donné un contour un peu trop net à leur pensée incertaine. Il en élail parmi eu,, comme Barbaroux, qui voulaient donner l'assaut, et ceux-là suffisaient sans doute à troubler l'esprit même de ceux qui s'opposaient à la violen~e. JI est probable que Pétion ne répondit aussi catégoriquement que parce qu'il trouva la démarche indiscrète el imprudente. C'était par un silence complaisant el par une résistance volontairement équivoque et molle, ce n'était pas par une collaboration avouée qu'il pouvait servir, comme maire, le mouvement insurrectionnel. La démarche mlime des Girondins, rejoignant le 8 au soir les Montagnards el allant avec eux interroger Pélion, montre bien qu'ils n'avaient pas de résolution lrôs ferme, pa! plus dans le sens de la résistance que dans le sens de l'action. Mais ils sentaient bien que la crise élail inévitaLle. Depuis plusieurs semaines la Hévolulion el la royauté échangeaient des défis publics. • · La Cour, depuis la fêle de la Fédération, n'avait qu'une pensée, hâler le manifeste des puissances étrangères et fortifier les 'J'uileries pour résister à l'assaut du peuple. Elle ne savait pas àu juste quels étaient les projets de l'Assemblée, Lrès divisée et très incertaine. Mais le pé1·il était imminent. Le 24 juillet, la reine écrit à Fersen : • Dans le courant de celle semaine, l'As,cmbl(\e doit d6r.réter ~a translation à Blois et la suspension <lu roi. Cha11ue jom pr,oùuit uue scène nouvelle, mais tendant toujours à la destruction du roi et de sa famille; des péUlioDnaires ont dit à la barre de l'Assemblée, que si on ne le deslitqait, i,ls le massacreraient. lis ont eu les honneurs de la séance. Dites donc à M, ~ Mercyque les jours du roi et de la reine sont dans le 'plus gram! danger; qu'un délai d'un jour peut produire des mallH·urs incakulahlcs; quïl faut envoyer le manifeste sur-le-champ, qu'on l'allc11davec unt! C\tréme impatience; que né-
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