Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

1276 IIJSTOII\ E SOCIALIST 8 conduits par les frères, les parents, les alliés du roi, se préparent à déchirer le sein de la patrie. • El c'est au nom de Louis XVI que la souveraineté nationale est impudemment outragée, c'est pour venger Louis XVI que l'exécrable maison d'Autriche ajoute un nouveau chapitre à l'histoire de ses cruautés ... • JI précise enfin les responsabilités personnelles el directes du roi. « Le chef du pouvoir exécutif est le premier anneau de la chaine co11t1·e-révolutio11naire.il semble parliciper aux complots de Pilnfü qu'il a fait connaitre si lard. Son nom Julie désormais contre celui de la nation ... Il a séparé ses inlérlits de ceux de la nation. Nous les séparons comme lui. .. Tant que nous aurons un roi semblable, la liberté ne peul s'affermir, el nous voulons demeurer libres. Par w1 reste d'indulgence nous aurions désù·é pou voir vous demander la suspension de Louis XVI tant qu'existera le danger de la pairie; mais la Constitution s'y oppose ... ET NOUS DEIIANDONS SA DÉCOÉANCE. • Cette grande mesure étant prise, comme il est très douteux que la nation puisse avoù· confiance en la dynastie actuelle, nous demandons que des minish·es, solidairement responsables,nommés par l'Assemblée nationale mais lwi·s de son sein, suivant la loi Constitutionnelle, nommés par le SCl'lltin des hommes libres, à haute voix, exercent provisoirement le pouvoir exécutif en attendant que la volonté du peuple, notre souverain et le vôtre, süit légalement prononcée dans une CoNvtNTI0:1' NATIONALE, aussitôt que la s1iretéde l'Etat pourra le permett,·e. • « Cependant, que nos ennemis, quels qu'ils soient, se rangent tous au delà de nos frontières; que des lâches el des parjures abandonnent le sol de la liberté; que 300,000 esclaves s'avancent, ils trouveront devant eux dix millions d'hommes libres prêts à la mort comme à la victoire, combattant pour l'égalité, pour le sol paternel, pour leurs femmes, leurs enfants et leurs vieillards; que chacun de nous soit soldat à son tour, el s'il faut avoir l'honneur de mourir pour la patrie, qu'avant de rendre le dernier so.upir, chacun de nous illustre sa mémoire par la mort d'un esclave ou d'un tyran.• Curieux docµmenl et où se mêlent bien des influences diverses. Ony démêle le brôlanl patriotisme révolutionnaire des fédérés el des sections, l'idée de la constitution immédiate d'un pouvoir exécutif nouveau, chère à Danton_, l'idée d'une Convention nationale, si fortement soutenue par Robespierre, e, enfin les hésitations, les timidités de Pélion lui-même et d'une partie des Girondins, qui se marquent dans le passage singulier sur la suspension du roi. Est-il donc si coupable, el n'est-il pas victime d'une fatalité déplorable qui fait de lui, malgré lui, le prétexte, le drapeau, le symbole de l'étranger,· puisqu'aussil0t après la grande .crise on songerait à le rétablirT Mais cette velléité étrange el contradictoire disparait dans ces deux affirmations déci• sives: Il faut prononcer la déchéance de Louis XVI, et appeler à la nation qui

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