Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

iZ74 111S1'O1RE SOCIAL!S1'E 11Iaisil ajouta à l'cfiervcsccncc des esprits et il donna à la fiévolulion un titre de plus pour réclamer la déchéance, et pour l'imposer. JI acheva certainement, entre le i" aotll où il parut, et le 3 aotll où Pélio11 s'avança à la barre cle l'Assemblée, d'entraîner les hésitants,de vaincre dans les sections les résistances des modérés, les intrigues des royali•les, cl il porta au plus haut point l'animation, la force morale de l'Assemblée des commissaires de sections réunis à la Maison commune. Chaumelle témoigne, avec une évidente sincérité, el une candeur passionnée, de cet enthousiasme des sections, du sentiment toujours plus grand qu·elles avaient de leur rôle libérateur. « A celle époque, écrit-il, dans l~s Mémoires qu'a publiés M. Aulard (mais quelle est la partie de l'histoire de la Révolution que M. Aularcl n·a pai; éclairée de lumières nouvelles?) à cette ~poque, la majorité des sections de Paris assembla, à la Maison commune, des commissaires pour discuter la grandB question de la déchéance du roi, cl présenta à l'Assemblée nationale une pétition y tenrlanl. • Les royalistes mirent tout en usage pour dissoudre celle réunion ou du moins la neutraliser en la divisant. Mais le bon esprit qui animait la gran1le majorité de ces commissaires, leur fermeté el la résolution quïls avaient prise de sauver la patrie rendirent nuls tous les efiorts des aristocrates, des brouillons et des peureux qui s'étaient glissés parmi eux. « Qu'elle élail grande, cette Assemblée! Quels élans sublimes de patriotisme j'ai YU éclater, lors de la discussion sut la rléchéance du roi ! Qu'était l'Assemblée nationale avec toutes ses petites passions, son c,Jtr!du ,·oi, ses gladiateurs, ses défenseurs de Lafayelle, ses indécisions continuelles, ses petites mesures, ses di'crets éti·anglés au passage. puis écrasés par le veto, gu'était, dis-je, cette Assemblée en comparaison de ta ,·éunion des commissaires des sections de Paris? c Lit, on eOt dit des lég-iste~ acharnés à disputailler sans cesse sous le fouet des maîtres des écoles du droit. n'osant pas s'élever jusqu'à secouer leurs chaines et se déterminer enfin à avoir une foi,; raison. Ici, au contraire, on discutait fraternellement, souvent avec chaleur, au milieu des plus beaux molll'ements d'éloquence el toujours avec bonne foi, les raisons pour et contre la cléchéance. On posait pour ainsi dire les bases de la fiépuhlique. C'était au milieu de ces discussions si intéressantes que se passaient de ces événements propres à caractériser les mclI1bres de celle Assemblée. • On en vil se dévouer aux poignards el aux a,sassinats juridiques en o!frant d'imprimer, afficher eux-mêmes et garder contre le~ déchirements des placards propres à mtlrir l'opinion publique et à dévoiler les erimes de la Cour. • Je ne passerai pas sous silence le trait suivant, il mérite d'être remarqué. La Cour, de concert avec l'infâme directoire do département de Parle,

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