1212 ll!S'l'OIRE SOCl'ALISTE mais il pro!luisil pour la défense de Lafayelle des lellres, qu.i en réalité !'ru:• cusaienl. Lafayelle rtisait à Luckner : • J'ai beaucoup de choses à vous dire sur la politique. » Et il éclatait à tous les yeux que les deux armées étaient livrées à l'intrigue, que leur force palriolique el révolutionnaire était para• lysée par les combinaisons des chefs. Luckner écrivit que ses paroles avaient été mal comprises. Lafayelle nia: • On me demande si j'ai pensé, si j'ai tenté d'aller faire le siège de Paris, de quitter les frontières pour marcher sur Paris; je réponds en quatre mots: cela n·est pas vrai. Signé: Lafayette. • c·étail une misérable équivoque, tou1e voisine du mensonge. Ce n'est pas directement sur Paris, ce n'est pa,; avec toute son armée que voulait marcher Lafayette. Il voulait d"abord aller à Compiègne. ~fais- l'essentiel est quïl avait médité de qu.iller en eliet la frontière et son poste de combat pour servir la royauté. El Luckner, craignant sans doute d'être compromfa, avait laissé échapper une partie au moins du secret. De partout s·exhalait comme une odeur de trahison. EtM:aral, écrasé pourtant depuis des mois par le sén• liment de son impuissance, relevait un moment la tête pour se glorifier de sa clairl'Oyance: • Fraoçais, écrit-il le 18 juillet, vous avez donc 01nert les yeux sur le sieul' illollié (Lafayette); depuis quelques jours vo11s voilà parvenus à voir ce qu'un citoyen clairvoyant n'a cessé de vous montrer depuis le principe de la Révolution, et aujourd'h11i le grand général, le héros <les deu:t monrles, J'émule de "·ashinglon, fimmortel restaurateur de la liberté n'est plus à vos yeux qu'un vil courtisan, un valet du monarque, un indigne suppôt da de,polimie, un tratlrt>, nu conspirateur ... Luckner n'est pas moins un lra!lre avéré, assez vil pour couvrir du mensonge ses noires perfidies; carilest faux qu'il ail été forcé de rentrer dans nos murs faute de monde pour pénétrer rlans le pays ennemi dont tous les habitants lui tendaient les bras. • Ainsi, croissait le juste et terrible soupçon du peuple. Le roi ayant déci• démént écarté tuut projet de fuite, c'est à Paris, c'est dans le champ clos de la capitale qu'allait se livrer la suprême bataille. Qui l'emporterait, des Tuileries transformées Lous les jours ea forteresse, ou des faubourgs soulevés el grossis par l'afflux quotidien des féclérés? Ceux-ci en eliet, peu nombreux en• core au 14. juillet, se hâtaient maintenant vers Paris. A peine arrivés, ils y étaient enveloppés de cunseils confus et contradictoires, mais du contact de leur passion à leur passion de Paris une formidable électricité se déga• geait. Marat, dans son numéro du 18, leur conseillait de meure la main sur le roi el sur la famille royale, et de les garder comme ôlages, prêts à les massacrer si l'étranger faisait an pas sur le sol de la patrie. Chose curieuse! Marat est peu écoulé. li se1I1blerait qu'au moment où la paseioo générale atteint au diapason de la sienne, il devait avoir une grande action. lln'enest rien: la
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