Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

IIISTUIRE SOCIALISTE 1237 Le roi pourtant, le il juillet, confirmait la décision du Directoire. Mais l'Assemblée, le 13 juillet, sur un rapport de sa Commi sion des Douze, levait cette suspension, et la popularité du maire de Paris sortait accrue des événements du 20 juin. Surtout, il restait à l'hôtel de ville, il y pourrait encore prêter la main à la Révolution ou du moins fermer savamment les yeux rnr ses préparatifs et ses démarches. A ce même moment, le pouvoir exécutif était en pleine crise el décomposition. Duranthon, garde des sceaux, violeuté et elîrnyé, avait donné sa démission d~s le 3 juillet; il avail été remplacé le 8 par M. Jolly : mais le iO, tous les ministres, Terrier, Scipion Chambonas, Lacoste. Joly, Lajard et ,,,-;~~- ,;;. ~''1 A LA.JIE)IOU\E ) DU GLOIUEUX CO:.IEu\.T DU PEUPLE FRA..~ C...! S CO!llTRE LATii'RAKNIE 1 . AUX TUILLERlliS .1.A cœonaŒ · •.. -.DS·.•.fARlS MBDAILLO:<f D■ LA COJOIUN• DB PA.JUS E~ M.ÉllOJR.ll DS LA JOUR."ôli:■ DU JO AOUT 11'92, (D'apr.. lu Proc#--ewbdw.x ù la. COMM-Ml'U ù Pari,, par M. Maurice Tournoux reprodu.i, u·oe l'auioriatioa de l'aa'9ar). Beaulieu, s'imaginant avec une natve fatuité qu'ils allaient produire grande impression, déclarèrent à l'Assemblée que dans l'état d"universelle anarchie ils ne pouvaient garder la responsabilité des affaires. Ils envoyaient en même temps au roi une lettre de démission collective. Cette pauvre révolte calculée des commis feuillants laissa l'Assemblée indifférente, mais elle découvrit encore le roi. S'il ne pouvait mfme plus fournir des ministres pour le fonctionnement de la Constitution, à quoi servait-il? Cependant, à mesure que le flot bouillonnait el qu'approchait le dénouement, les partis, comme s'ils redoutaient les conséquences incalculables de la commotion pressentie, hésitaient encore, ajournaient, tâchaient d'amortir. Quand fut lue à l'Assemblée législative, le i2 juillet, l'adresse franchement et brutalement républicaine du Conseil général de la commune de Marseille el de son maire Mouraill~, qui déclaraient qu'en laissant subsister la royauté • les constituants n'avaient rien conslilué •· qui demandaient pourquoi une race privilégiée_s'arrogeait le droit de régner sur la France, qui Invitaient les législateurs • à extirper la dernière racine • de tyrannie,

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