1234 IIISTOIRE SOC! ALISTE je puis dire, la conscience nalionale. Elle ne relève que d'elle-même: c'est elle qui se gouverne dans son uni lé. Il n'y aura péril qu'à la miaule même où la conscience commune de la patrie l'aura reconnu et proclamé. Ainsi, chaque conscience individuelle, jusque dans les forces élémentaires de l'inslinct de conservalion, esl enveloppée par la conscience nationale. El la puissance de l'ordre ajoute encore à la puissance de l'exaltation: car lorsqu'ello vibre au signal donné par la liberté en péril, toute âme sait qu'elle esl à l'unisson de la patrie; c·est la patrie elle-môme, c'est la commune liberté qui vibre el frémit en elle. Ce n'est poinl d'abord par réquisitions que procède la Révolution menacée, elle fait appel au libre dévouemenl des citoyens. Ce sonl des volontaires qui auront l"honneur de marcher les premiers: el c'est volontairement que les citoyens qui onl des armes le~ donneront pour le Lemps du danger. Les uniformes manquent-ils? Il n'importe: les soldats de la Révolution n'onl pas besoin d'uniforme pour aller au péril. C'est comme citoyens qu'ils comballenl: c·esl leur liberté civile qu'ils défendent: pourquoi ne porleraient-ils pas devant l'ennemi leur vôlemenl civil? El partout, ce sont les autorités civiles, ce sont les citoyens élus qui, au dis tri cl, au département, veillent à la formation, à l'équipement, à l'armement, au payement des compagnies révolutionnaires. · Quelle commotion de liberté et d'héroîsme donnée à tous les cœurs ! Quelques jours après, le 11 juillet, sur un rapport fail par Hérault de Séchelles, au nom de la Commission extraordinaire des Douze, l'Assemblée déclarait que la patrie était en danger. Les hommes prudents ou timides, les modérés, disaient: A quoi bon? Ajoutez-vous ainsi à la force militaire réelle de la France? N'allez-vous pas, en surexcitant les alarmes, dissoudre la nation en d'innombrables petits groupes qui songeront chacun à leur salut immédiat? Héraull de Séchelles répondait en montrant les armées ennemies en marche vers nos frontières. Il disait que du Corps législatif devait partir • une étincelle électrique », qui communiquerait à l'ensemble nne énergie soudaine. El il signalait le caractère exceptionnel, unique, de la lutle entreprise. C'était la première fois dans l'histoire du monde, que tout un peuple luttait pour sa liberté. El c"était aussi la dernière fois : car de celte lulle sortirait la liber lé de tous les peuples; el ce serait alors l'universelle el éternelle paix. « Enfin, Messieurs, il faut se pénétrer d'une réflex ion décisive. C'est que la guerre que nous avons entreprise ne ressemble en rien à ces guerres communes qui ont tant de fois désolé el déchiré le globe : c'est la guerre de la liberté, de l'égalité, de la Constitution, contre une coalition de puissances d'autant plus acharnées à modifier la Conslilulion française qu'elles redoutent chez elles l'établissement de notre philosophie et les lumières de nos principes. Celle guerre est donc la dernière de toutes e11treelles et nous ... J..a
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==