Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

IIISTOIHE SOCIA LIS'l'1' t223 l'impunit6 les tentath•es criminelles de l'amhilion pontificale ... Si donc il arrive que les espérance~ de la na lion et les nôtres sont trompée,, si l'esprit de division continue à nous agiter, si la torche du fanatisme menace encore de nous consumer, si les violences religieuses dérnlcnt toujours les départe• ments, il est évident qne la foule en devra être imputée à la négligence seule ou à l'incivisme des agents employés par)e roi; que lès allégations de l'ina• nilé de leurs efforts, de l'insuffisance de leurs précautions, do la mnltipli• cité de leurs veilles, ne seront quo de méprisables men,onges et qu'il sera jus le d'appesantir le glaive de la justice sur eux, comme étant la cause unique de tous nos maux. Eh bien I Messieurs, consacrez aujourd'hui celte vérité par une déclaration solennelle. Le veto apposé sur votre décret a répandu non cette morne stupeur sous laquelle l'esclave affaissé dévore ses pleurs en silence, mais co sentiment de ùouleur généreux qui, chez un peuple libre, éveille les passion, et accroit leur énergie. Hâlez-vous de prévenir une fer• mentllion dont les effets sont hors de la prévoyance humaine; apprenez à ta France que disormais les ministres répondront sur leur tète de tous les dé• sordres dont la ,·etigion sera le prétexte; montrez-lui dans cette responsabilité un terme à ses inquiétude,, l'e,pérance de voir les séditieux punis, les hypocrites dél'oilés ~t la tranqnillité renaitre. » C'est la suppression du droit de veto. Lorsque les« agents du roi »seront. respons11Jles sur leur lêle, lor,quïls seront frap[>és à mort pour n'aroir pas, en somme, exécuté les mesures que le roi se refuse à sanctionner, que res· tera-t-il du droit de· sanction? Mai, que reslera•l•il du roi lui-mèmc? Ver• gniaud parle en juillet 1792 de faire tomber la 14c des mini,tres. Six mois plus lard, c'est la tête du roi qui tombera. ~Jais voici que le grand orateur force le roi dans son dernier refuge: le respect hyporrite et simulé de la Constitution. c·est cc que le roi a,ait ré• pondu àu peuple le 20 juin : • J'appliquerai la Constitution. > Et il l'appliquait en effet de mani~re à la tuer. \'ergniaud ilénoncc la manœuvrc tt il arr,,che au roi sa sui>rtlme ressource, le bouclier de mensonge et de ruse àontil se couvrait. li sent si bien qu'il va porter ur\ coup formidable, ot que si l'on enfonce un peu plus le glail'e la royauté est morte, que lui-même, par une précaution qui n'est pas purement oratoire, supplie l'Assembltie de ne pas forcer d'une ligne le sens de ses paroles : • li est des vérités simples mais fortes et d'une haute importance, dont la se11le énonciation peul, je crois, produire des elîels plus grands, plus sa· lulaires que la responsabilit6 des ministres ... Je parlerai sans autra pas,;on que l'amour de la patrie et le sentiment des mau., qui la <lé,olent. Je prie qu'on m'écoute avec calme, qt1'011ne se /idte pas de me deviner pour ap• ,. pmuver ou condamner d'avance ce que je n'ai pas l'intention de dire. Fiùèle à mon serment de maintenir la Constilulion, de ro,pecter les pouvoirs cons• lilués, c'esl la Conslilulion seule que je vais invoquer. De plus, j'aurai parlé 1

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