IIISTOlflE SOCIALISTE 1221 jouet de l'intrigue. Lameth colportait partout des propos violents contre les jacobins : et on le savail l'homme de la Cour. Une protestation de Louis XVI contre le 20 juin, violente et amère, était à profusion ré~andue dans !"armée. Entre Lafayette et Lückner il y avait de perpétuels mesrngcs dont on devinait bien qu'ils n·avaient pas un objet exclusivement ou principalement militaire. La force patriotique el révolutionnaire de l'armée était énervée par l'intrigue du modérantisme. Des lettres attristées ou indignées portaient, de !"armée à Paris, la colère des ,aidais patriotes. Plusieurs de ces lellres furent lues à la tribune de l'Assemblée: « )lenin, le 28 juin, l'an IV• de la liberté. L'intrigue, depuis le changement du ministère, a fait des progrès inconcevables. L'armée est travaillée de telle manière que l'on pourrait perdre tout c,poir, si le maréchal Lückner n·ouvre les yeux sur tout cc qui !"entoure cl principalement sur tous ceux qui sont à la lNe de l"élal major. » • L'armée murmure de ce qu·on reste dans l'inaction après les premier; moments de succès. llier un courrier de )l. Lafayette est venu parler au maréchal: une demi-heure apr~s son arrivée, le maréchal a donné l'ordre à tous les équipages et cai:;sons chargés de pain de retourner à Lille, el probablement il aurail donné l'ordre que !"armée se repliât aussi sur Lille, si M. Biron ne l'eût déterminé à. suspendre les ordres ... Le maréchal est si mal. entouré et tellement trompé qu'on lui a mis dans la tête que le comité de Belgique prenait tout l'argent du pays pour l'e,pédier en Anglelerre ... Une députation de Belges est venue hier pour prier le maréchal cle favoriser l'insurreclion qui était prête à éclore et afin qu'il daignât les protéger, en enrnyanl 2 à 3.000 hommes pour courir le pays. • Elle lui faisait savoir qu'aucun obstacle ne pouvait arrêter celle opération el qu'il n'y avait point d'Autrichiens. li s'est mis en colère el a dit à la députation qu'on !"avait trompé, qu·on lui avait promis 60.000 hommes, et qu'il n·avancerait que lorsqu"il les aurail. Je ne sais pas comment M. le maréchal voudrait que le pays s'armât sans armes, el sans <:1reprotégé par les armées françaises qui restent dons l'inaction ... Il parall é,•ident que le maréchal a été trompé sur la conduite du Comité et que les inlriganls ronl déterminé à abandonner la Belgique au moment où l'insurrection allait éclater. Que deviendra le Comité et les t.:?00 hommes qui se sont si bien montrés à. Courtrai dans les dilîérentes attaques? Que deviendront nos frontières? Que deviendront Menin el Courtrai, quand !"armée française se retirera, pour avoir si bien reçu el arboré la cocarde nationale? • ... Il est temps que la nation entière se lève: le moment de frapper e,l venu: il faut qu"elle recouvre la gloire qu'elle perdrait si elle reslait assoupie. L'ennemi n'est point en force, pourquoi reculons-nous? 'foule l'arruée murmure. S'il faut qu"ellc retourne en France je ne réponds pas cles évènements fâcheux que cette démarche peut occasionner. Le maréchal tient con-
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