1218 HISTOIRE SOCIALISTE nominal. 231 voix appuyèrcnL la demande; 33'J dirent non. La majorité se prononçait pour Lafayclle. Mais, malgré tout, ce que sa démarche a\'ail clïrrégulier ne pouvdil se soutenir que par des coups hardis eL rapid, s. Qu'allait-il faire? 11 n'y avail pour lui qu'une solution: épurer l'Assemblée par l'arrestation et la mise en accusatiop des députés que l'on pouvait accuser d'une sorte cle connivence au moins morale avec l'insurrection du 20 juin, el dis,oud,c par la lorcc le club de5 Jacobins. c·étail bien un coup d'Etat: mais, hors de cet acte de violence, Lafayclle ne pouvait rien, n'aboutissait à rien. Ce coup d'Etat eût été funeste, car la Cour n'étant plus surveillée par les forces ré1olulionnaires aurait eu raison en quelques jours du modérantisme conslilulionnel, el c'est à la contre-révolution absolue qu'aurait Lou¾"1.éla crise. Quel chàlimenl pour Lafayette, si, à la minute mème où il risquait celle entreprise de vauilé el de réaction, il avait connu les lettres de trahison échangées entre la Cour et les puissances étrangères que lui, Lafayelle, s'imaginait encore combattrn ! Heureusement, pour mener à. bien ce coup d'Etat, Lafayette aurait eu besoin du concours absolu de la Cour. Or, elle le ha'issail, el se dèllail de lui. Elle continuait à. le rendre resporrsable des journées des 5 el 6 octobre, de toutes les humiliations subies depuis, de la quasi-captivité des Tuileries. Lafayette, isolé entre la Révolution el la Cour, ne disposait donc pas de moyens d'action décisif's. Il avait nalvcmenl com()té sur sa popularité parisienne, force 0ollante el décroissante. Il ful applaudi: mais Pélion décom- · manda une revue de la garde nationale· où Lafayette espérail parallre soudain et entrainer les bataillons bourgeois contre les Jacobins. 1.arayelle ne pul m6me étalJlir le contact enlrc lui et la bourgeoisie. li se sentit hienlôl comme perdu dans ·le vide; cl meurtri, il repartit pour son armée. 11 avait menacé: il n'avait pas frappé. Il laissait donc ses aclrersaires plu, !01-ts el µlus hardis. Contr~ lui, le~ ré1olulionnaires vonl avoir maintenant une arme terrible. De la frontière en clîel commencent à arriler de fâcheuses et inquiétantes nouvelles. Le 30 juin Rilhl avertit l'Asscmulée que • le dernier train d'arlille, \e vieut d'arriver sur le Rhin •· li s'écrie : « Couvrez le Rhin, couvrez l'Alsace. • Et des rumeurs de trahison s'élèvent contre ceu<t qui en empêchant la formation du oamp de vingt mille hommes sous prétexte qu'il n'y a~ail point péril urgent, avaient Lrompé la nation. De plus, le bruit courait qu'à l'armée du Nord, le commandant en chef, Lückner, venait de donner le signal de la retraite. L'armée qui était entrée en Belgique, qui avait ocr,upé sans dirficulté Cou1lrai, Ypres, Menin avail reçu l'ordre de se replier sur Lille. Pourquoi? Ce ne pou,ail èlrc là, disaient les Girondius une décision sponlanée du brave Lückncr. ]\;vi~cmment Il obéissait aux inslructious des min;•Lre, dé,·oués à la Cour. Gensonné, en celle même séance du 30 Juin, rormula l'accusation.
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