HISTOIRE SOCI.\LISTE 121 t Constitution, un silenre plein de blâme; ces mouvements confus et violents contrariaient sa lactique de démocratie conservatrice, patiente el tenace. L0 s Girondins craignirent un moment que la violence subie par le roi lui ramcnAl la ~ympatbie clu pays, el ils adoucirent d'abord, autant qu'ils le purent, les couleur, de la journée. • Les habitants cle, faubourgs Saint-Antoine el Saint-11arceau, dit le Patriote français, onl, en sort·111lcle l'Assemblée nationale, été rendre visite au roi, cl lui présenter une pétition. Il l'a reçue avec beaucoup de calme, et a mis, à leur prière, le bonnet rouge. Un député lui disait qu'il élail venu partager ses dangers. - « li n'en est point au milieu des Français "• a-l-il répondu. - Le peuple s'est conduit, dans le château, en peuple qui connaît ses devoirs, et qui respecte la loi el le roi constitutionnel. L'AssemlJléc nationale, instruite de ce qui se passait, a envoyé successivement plusieurs députations au roi. Le maire de Paris esl parvenu à faire évacuer insensiblement le château; à neuf heures, il étail vide el loul était calme, et cependant plu, de quarante mille hommes avaient marché. Et voilà le peuple que les Feuillants calomnient! • En vérité, c'est une idylle. Je n'aime pas bcaucou11cette hypocrisie douceâtre. Si le devoir du peuple était d'être strictement conslilulionnel, il manquait à son devoir en envahissant le château et en essayant d'imposer au roi par la rorce la sanction des décrets qu'il rejetait. Mais le devoir du peuple était de délivrer la Révolution d'une royauté traitresse, et la Gironde ne le disait pas. Dans les grandes crises, il y a toujours eu en sa politique quelque chose de grêle el de 1êl6. Mais les Girondins s'aperçurent vite que le roi el les Feuillants allaient exploiter contre la d6mocratie révolutionnaire les événements du 20 juin, et ils ne lardèrent pas à hn,sser le ton. • Le roi pril la main d'un grenadier, la mil sur son cœur, el lui dit: • Croyez-vous que je tremble?• li disait à un autre : « L'homme de bien est toujours tranquille. • Celle tranquillité élail motivée, sans doute, sur la connaissance que doit avoir le roi de la bonté el de l'indulgence du peuple français; il savait bien qu'il n'avait rien à craicdre de ce peuple qui lui avail pardonné le 14 juillet el le 6 octobre 1789, le 10 avril et le 25 juin 1791; il savait bien que ce peu11le souffre longtemps avant de se plaindre, se plaint plus longtemps encore avant de punir. • C'était un avertissement très nel donné au roi. Prenez garde : si vous essayez de dramatiser à votre profit la journée au 20 juin, si vous tentez d"émouvoir la pitié, l_afidélité de la France, et de vous créer une légende de aoufTrance el d'héroïsme, nous allons refaire l'histoire de vos crime, el de vos trahisons. Louis XVI, en efTet, cherchait à exciter la sensibilité des Français. De toute part se répandaieut des récits touchants sur la •Passion" de ce Christ de la royauté, sur le fiel el Je vinaigre dont l'avaient abreuvé des sujets rebelles. Lui-même adressait à l'Assemblée une Jeure discrète el habile
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