Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

1186 UJSTOIHE SOCIALISTE tutio,mels. L'Espagne est mauvaise, j'espère que l'Angleter,•e ne se,-aplus mauvaise. L'impératrice sacrifie vos intérêts pour la Pologne ... Tdc!te::;de faire continuer la guerre et ne sorte• pas de Paris ... « La tête de l'armée prussienne arrive le 9 juillet. Tout y sera le 4 aoùt. Ils agiront sur la Moselle et sur la Meuse, les émigrés du côté de Philipps- • bourg, les Autrichiens sur Brisgau. Le tluc de Brunswick vient le 5 juillet à Coblentz, quand tout y sera arrivé. Le duc de Urunswick aranêera, masquera les places fortes et avec 36.000 hommes d'élite, marchera droit sur Paris.:·· • li semble donc que le roi el la reine, selon leur plan de dissimulation et de trahison, n'avaient qu'à baisser la tête, et à sanctionner tout ce que décrétait l'Assemblée, pour empêcher les chocs intérieurs avant l'heure de l'inva,ion. Autant que le lui permettait la surveillance très étroite qui cernait le château des Tuile:ies, la reine conlinuait son manège a"ec rétrangrr. Par Jïntermédiaire de Fersen et sous le couvert d'une correspondance d·arraires, elle envoyait aux somcrains tous les détails d'or Iré politique et militaire qu·en de courtes et tremLlantes dépêches chiffrées, elle pouvait faire passer. Le 5 juin 1702, Marie-Antoinette écrit à Fersen: (Eo clair). • J'ai reçu votre lettre n• 7; je me suis occupée sur-le-champ de retirer vos fonds de la société Boscary. Il n'y \lvait pas de temps à perdre, car la banqueroute a été déclarée hier, et ce malin la chose était publique à la Bourse. On dit que les créanciers perdront beaucoup. - Voici l'étal des différents objets quo j'ai entre les mains: » (En chilfre). « JI y a des ordres pour que l'armr'e de Luckner attaque incessammellt; il s'y oppose, mais le ministère le veut. Les troupes manquent de tout et sont dans le plus grand déiordre. » (En cltür). • Vous me manderez ce que je dois faire de ces fonds. Si j'en élais le maitre je les plac~rais avantageusement, en faisant l'acqui;ilion de quelques beaux domaines du clergé; c'est, quoi qu·on en dise, la meilleure manière de placer son argent. Vous pourrez me répondre par la même voie que je vous écris. • Vos amis se portent assez bien. La perte qu'ils ont faite leur donne beaucoup de chagrin, je fais ce que je peux pour les co11soler. Ils croient le rétablissement de leur fortu11eimpossiLle, ou au moins trùs éloigné. Donnezleur, si vous le pouvez, quelque consolation à cet égard ; ils en ont besoin ; leur situation devient tous les jours plus alTreuse. Adieu. Recevez leurs compliments el l'assurance de mon entier dévouement. » Chose curieuse, et qui attesta chez les modérés, chez les • constitutionnels • une imprudence et une inconscience voisines de la trahison l Même après la déclaration de guerre à l'Autriche, même en juin, ils con-

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