HISTOinE SOCIALISTE 1183 des e,prit( l,s mécontentem,nts peuvent mener à tout. Il n'est plus temps de reculer, il n'y a même plus moyen de.temporiser. La Révolution est faite da.ns les esprits : elle s·achèvera au prix du sang el sera cimentée par lui, si la sages,e ne prévient pas les malheurs quïl est encore possible d'éviter. • Je sais qu'on peut imaginer tout opérer el tout contenir par des mesures extrêmes; mais, quand on aurait déployé la force pour contraindre !"Assemblée, quand on aurait répandu relîroi dans Paris, la division et la stupeur dans ses environs, toute la France se lèverait avec indignation, el se déchirant elle-m~me dans les horreurs d'une guerre civil~. développerait celle sombre énergie, mère des vertus el des crimes, toujours func,le à ceux qui l'oul provoquée . • Le salut de l'Etat et le bonheur de Votre Majesté sont intimement liés; aucune puissance n'est capable de les séparer; de cruelles angoisses el des malheurs certains environnent votre trône, s'il n'est appuyé par vous-même sur les bases de la Constitution, el aflermi dans la paix que son maintien doit en elîet nous procurer ... • La conduite des prêtres en beaucoup d'endroits, les prétextes que fournissa!l le fanatisme aux mécontents, ont fait porter une loi sage contre ces perturbateurs; que Votre Majesté lui donne sa sanction: la tranquillité publique la réclame, el le salut des prôtres la sollicite. Si celle loi n·est pas mi,e en vigueur, les départements seront forcés de lui substituer, comme ils font de toutes parts, des mesures ,•iolentes; et le peuple irrité y suppléera par des excès. • Les tentatives de nos ennemis, les agitations qui se sont manifestées dans la capitale, rextrème inquiétude qu'avait excitée la conduite ue votre garde el qu'entretiennent encore les témoignages de satisfaction qu·on lui a fait donner par Votre Majesté, par une proclamation vraiment impolitique dans les circonstances; la situation de Pa ris et sa proximité des frontiè1·es, ont fail sentir la nécessité d'un camp dans son voisinage. Celle mesure, dont la sagesse et l"urgence ont frappé tous les bons esprits, n'attend encore que la sanction de \'otre Majesté. Pourquoi faut-il que des retards lui donnent l'air du regret, lorsque la célérité lui mériterait de la reconnaissance? • Déjà les tentatives de l'état-major de la garde nationale parisienne contre celle mesure ont fait soupçonner qu'il agissait par une inspiration supérieure; déjà les déclamations de quelques démagogistes outrés réveillent les soupçons de leurs rapports avec les intéressés au renversemenl de la Constiltttion; déjà l'opinion publique compromet les intentions de Votre Majesté ; encore quelque délai et le peuple a\tristé croil apercevoï.- dans son ro·i l'ami et le complice des conspirateurs. Juste ciel! Auriez-vous frappé d'aveugle· ment les puissances de la terre? et n'auront-elles jamais que des conseils qui les entràlneronl à leur ruine? • Je sais que le langage austère de la vérité est rareruenl accueilli près
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