1182 Illti'l'OIIlE SOCIAI.JSTE Ce n·est pas un manifeste répuhlicain. Rolanrl proclame, au contraire, qne la Constitution peut vivre, à condition que le roi la pratique dans un esprit révolutionnaire, qu'il cesse n'entraver le pouvoir législatif. Maïs.- sous des formes mesurées, c'était un brutal dilemme : • Ou le roi renoncera en fait, à l'exercice du veto, ou la Constitution périra. • Et dans les deux cas, c'esl bien un changement de la Constitution que le ministre girondin propose ou impose au roi. L'avènement gouvernemental de la Gironde avait, en quelque sorte, resserré le champ où se heurtaient la Révolution el la royauté ... • La Déclaration des Droits de l'Homme est devenue un évangile politique, el la Consli• tulion française une religion pour laquelle le peuple est prêt à périr. • " Aussi le zèle a-t-il été déjà quelquefois jusqu'à suppléer à la loi, et lorsque celle-ci n'étail pas assez réprimante pour contenir les perturbateurs, les citoyens se sont permis de les punir eux-mêmes. C'est ainsi que des propriétés d'émigrés ont été exposées aux ravages qu'inspirait la vengeance ; c'est pourquoi tant de départements se sont vus forcés de 8évir contre des prêtres que l'opinion avait proscrits, et dont elle aurail fait des victimes. « Dans ce choc des intérêts, tous les sentiments ont pris l'accent de la passion. La patrie n'est point un mot que l'imagination se soit complu d'embellir: c'est un être auquel on a fait des rncrifices, à qui l'on s'attache chaque jour davantage par les sollicitudes quïl cause, qu'on a créé par de grands elforts, qui s'élève au milieu des inquiétudes, el qu'on aime parce qu'il coùte autant que par ce qu'on en espère. Toutes les atteintes qu'on lui porte sont des moyens d'enflammer l'enthousiasme pour elle. A quel point cet enthousiasme va-1-il monter, à l'instant où les forces ennemies· réunies au dehors se coooerlent avec les intrigues intérieures pour porter les coups les plus funestes? • La fermentation esl extrême dans toutes les parties de l'Empire; elle éclatera d'une manière terrihle, à moins qu'une confiance raisonnée dans les intentions de Votre Majesté ne puisse enfin la calmer, mais celte confiance ne s'établira pas sur des protestations; elle ne saurait plus avoir pour base que les faits. • Il est évident pour la nation française que la Constitution peul marcher; que le gouvernement aura toute la force qui lui est nécessaire, du. moment où Votre Majesté, voulant absolument le triomphe de celte Constitution, soutiendra le Corps législatif de toule la puissance de l'exécution, Otera tout prétexte aux inquiétudes du peuple, et tout espoir aux mécontents. « Par exemple, deux décrets importants ont été rendus; tous deux intéressent essentiellement la tranquillité publique et le salut de l'Etat. • Le retard de leur sanction inspire des défiances; s'il est prolongé, Il causera du mécontentement; et, je dois le dire, dans l'e!Iervescence actuelle
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