Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

1102 JIISTOIP.E SOCIALISTE de la li', 'rl•\ une flamme de courage cl de révolution pin, hnule que la loi I,our: oi-~. Ces ,enli,r.ents s·exallaienl à mesure que les dangers de la France révolu~ionnairc rlcvenairnl plu~ pressant-,; et ainsi, q1rn.1111, en 1n1ril :1702 1 la l\i'•rn!uti,in déclara la guerr,• it l'.\ulriche,quan ! le grand orage éclata, le, prolétairrs étairnl lous animés à jouer un grand role, à conqu,<rir plu, de droit politi,:ue et social. Toul les y préparail: le souvenir de; jonrn 1es vaillantes de juillet el octobre 1i89 où ils sau\'èrenl la ll 'volution, le ~e,rs des Droit, de l'llumme, plus vaste et plus humain que la Conslitulioi de 1î01, un premier coml,at économique contre la bou ·geoisie monopol•use et accapareus~, l'imm<•11Sdréplacement cl boulcrer-cment des propriétés qui, sans ébranler le princi1>emême de la propriété bourgeoise, semblait annoncer aux prnl&laircs la po.-,ibililé de nouvelle, et vastes lran,formulions, les plans d'universelle culture h11rne1ineformés par la philosophi·•, cnnn l'exaltation hérolquo de péril librement a[ronlé, <1uede ressorts dans le, peuple ouvrier I Atn premières épreuves de la guerre il y aura donc, néce,sairement, une prodigieuse détente de lih,rté et d'ég1lilé . .\lallel du P,111 ern::(ère l0rs 1u'il écrit dans le .llercure de France, le 7 av,i! 17()2, qui\ la classe 1,au1re est mallre,se de la llérnlution. • Jusqu'à nou,, dit-il, les dissen,bns r/>puhlicaiqes ayant été à peu près renfermées dans la classe des propriétaires, le cercle de l'ambition populaire n'alleignait pas les classes quo leurs travaux, leur pau v1·eLé,leur ignorance e,cluent naturellement de l'a<lmini-tration, mais ici c'est à ces classes mèmes, fermcut<\es 1>ar la lie d"une multilulie immen,e d'hommes pauvres, alliés à la populace, qu'ont été dévolus la form·alion, l"empire, le gouvernomcnl du nouveau système 1nliliq 1c. Dtt cluîteau dP Versailles et de l'a11lic!tr11,1brdees courtisans l'autorité a passt', sans intrrmiidùtire et sans contrepoids, dans les maù1s des prolétaiN'S et de leurs (la/leurs. » Ce n'est pas vrai, cl la b,rnr.,coisie, en avril 1702, garrlo encore la direction du mouvement révolutionnaire; la force de la provriété est immense; mais il est cerlain aussi que les • prolétaires •, commencent à reprder !"avenir, ils commencent il avoit- conscience de leur force, de leur droit 1>rofond enveloppé encore dïncerlilude et d"obscurité; ils commencent à juger la bourgeoisie elle-même, ils pressentent que si le laueur séculaire des serfs a f;oil la puissance el la richesse dès nobles,il se pourrait biPn aussi que dans la dche,rn el la puissance bourgeoise le peuple eût une large part à revendiquer; et lorsque bnard, en j1n1ier 1702, s'écriait en un splendide lan1:,-age: " le temps n'est plus où tartisan tremblait devant l'étoffe que sa propre main a ti.sée "• e,ela était vrai, surtout, de la pourpre des nobles, des prêtres el des rois: cela était vrai aussi, en quelque mesure, du vêlement éclatant des riches et des puis,ants de la bourgeoisie nouvelle. C'est donc une société tra,aillée par hien des rorces ol où respéranco prolétarienne croit chaque Jour, qui va alîwnter la grande épreuve del• guerre.

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