UISTOII\E SOCIALISTE 1147 gnance, enl'oyer leurs enfants dans les établissements nation aux, et la puis ance publique n·aura point usurpé sur les droits de la consc ience, sous prétexte de l'éclairer et de la conduire. • D"ailleurs, cumbien n'est-il pas important de fonder la morale sur les seuls principes de la raison 1 « Quelque changement que subissent les opinions d'un homme dan s le cours de sa vie, ces principes établis sur celle base resteront touj ours également vrais; ils seront toujours invariables comme elle; il les opposera aux tentatives que l'on pourrait faire pour égarer sa conscience, clic conservera son Indépendance et sa rectitude, el on ne verra plus cc spectacle si aflligeanl d'hommes qui s'imaginent remplir leur devoir en violant les dro its les plus sacrés, et obéir à Dieu en trahissant leur patrie. • Ceux qni croient encore à la nécessité d'appuyer la morale sur une religion particulière doivent em-mêmes approuver celle séparatio n; car sans doute ce n'est pas la \'érilé des principes de la morale qu'ils fon t dépendre de leur, dogmes; ils pensent seulement que les hommes y trouvent des motirs plus puissants d'Olre justes; et ces motifs n'acquerront-ils p;;s une force plus grande sur tout esprit capable de réfléchir, s'ils ne rnnl em; loyé, qu'à fortifier ce que la rai,on et le sentiment intérieur ont déjà commandé? • Dira-t-O11que {idée de cette séparation s"élève trop au-dem,.ç d es lumières actuelles du peuple? Non, sa11sdoute, car puisquïl s'agit ici <{instruction µublique tolùer une erreur ce serait .<ell re11drecomplice; ne pas co11sacrerhautement la vérité, cc serait la t,·altir. Et quand bien ml-me il serait vrai que des ménar,cments politiques doivent encore souiller les lois d'un peuple libre, q111.mdcelle doctrine insidieuse ou faible trouve rait une excuse dans celle stupidité qu·on se plait à supposer dans le peup ,e, pour avoir un prétexte de le tromp,·r Ottde topprimer, du moins l'instruc tion qtti doit amener le temps où ces 111e11agementsseront inutiles, nepeut ap partenir qtt'à la vérité ~eule, et doit lui appartenir tout entière. • Ainsi, pour Condorcet, non seulement l'Egfüe doit être Fépar~e de l'école, mais celle premi/lre séparation doit Mln la séparation complète de !"Eglise el de l'Etat, l'enli/,rc élimi11alio11de la religion réduite aux consci ences individuelles el perdant tout caractère officiel. L"arlicle 6 du projet sur les écoles primaire,, résumant ces fortes pensées, dit nettement: • La rel igion sera enseignée dans les tem~lc,, par le~ mini.Ires respectifs des di!Térents culte,. • Depuis le rapport de Talleyrand, en six mois, c est un i:rand c!Torl d'émancipation. ~lais Condorcet ne se borne pas à affranchir l'enscigncmenl, noème primaire, de toute influence religieuse, il ne se borne pas à avertir ainsi officiellement le peuple que c'est hors do la religion qu'il doit cherch er tous les principes de la vie inlellectuellc, morale et sociale. Il prévoit un en•eigne-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==