!140 UlSTOillE SOCIALISTE consacre des erreurs. Sïl fallait prouver par des exemples le danger de soumellre l'enseignement ,, l'autoril6. nous citerions l'exemple de ces peuples, nos maitres dans taules les sciences, de ces Indiens, de ces Egyptiens, dont les antiques connaissances nous étonnent encore, chez qui l'esprit humain fit tant de progrès, dans des temps dont nous ne pouvons même fixer l'époque, et qui retombèrent dans l'abrutissement de la plus honteuse ignorance, au moment où la puissance religieuse s'empara du droit d'instruire les hommes. Nous citerions la Chine qui nous a prévenus dans les sciences et dans les arts, et chez qui le gouvernement en a subitement arr0té le progrès depuis des milliers d'années, en faisant <l<l l'inslruction p11hliq11eune partie de ses fonctions. Nous citerions cette dec,lllence où lomMrenl tout à coup la raison et le génie chez les Romains et cher, les Grecs, après s·ôlre élevés au plus haut degré de gloire, lorsque !"enseignement passa des mains de, philosophes à celles des prêtres. Craignons, d'ap,ès ces exemples, tant ce qui peut entraver la marche libre de l'esprit humain. A quelque point qu'il soit parYenu, si un pou l'Oir quelconque en suspend le proµ:rès, rien ne peut garantir même du retour des plus grossières erreurs; il ne peut s'arrêter sans retourner en arrière, e( du moment où on lui marque des objets qu'il ne pourra examiner ni juger, ce premiH terme mis à sa liberté doit faire craindre que hienlôt il n'en ·reste plus à sa s~rvitude. » (Applaudissements.) « D"aillettrs, la Constitution frnnçaise elle-même nous fait de cette indépendance un devofr ,·igoureux. Elle a reconnu que la nation a le droit inaliénable et imprescriptible de ,·éformer toutes ses lois, elle a donc voulu que dans l'instruction nationale tout fût soumis à un e:r:rnnrn1·iqoureux. Elle n'a donné à aucune loi une in·évocabilité de plus de dix années, elle a donc vo11bt"que les p1·incipes de toutes les lois fussent discutis, que toutes les théories politiques pussent êt,·e enseignées ~t combattues ; qu'aucun système d"organisation sociale ne fzll offert à l'enthousiasme ni aux p1·éjugés comme l'obfet d'un culte superstitieux, mais que to11sfussent présentés à la ,·aison comme des combinaisons dive,·ses entre lesquelles elle a le droit de choisir; et aurait-on ,·especté cette indépendance inaliénable du peuple si 011 s'était permis de f01·tifie1·quelques opinions particulières de tout le voids que peut leur donner un enseignement génél'al; et le pouvoir q11ise serait arro_qéle droit de choisi>e' rs opinions n·aurait-il pas véritablement usurpé une partie de la souveraineté nationale? » . C'est cet admirable esprit de liberté vivaute et de perpétuelle enquête qu'il faut retenir; il ne doit pas y avoir dans l'enseignement national une seule idée qui ne soit soumise à la critique, à l'incessante revision de l'esprit humain. Il ne .doit pas y avoir une seule porte close ; mais nu contraire ouverture de toute vérité et de tout esprit à la vie qui les renouvelle, à la réalité mouvante qui les transforme. Pas un seul{dogrne philosophique, politique, scientifique, social; et la rai;on seule souveraine. Quiconque, individu,
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