HISTOIRE SOCIALISTE 1123 les Constituants, le vrai catéchisme c'est la Déclaration des Droits de l"Homme: ils affirment de la façon la plus nette que la morale ne doit pas être déduite des dogmes religieux, mais qu'elle doit être indépendante, commune aux hommes de toutes les croyances el de toutes les confessions. Par là, malgré « les éléments de religion•• l'école révolutionnaire, telle que la conçoit la Première Assrmblée, est essentiellement laîque, puisque la religion n'y est plus le guide de la vie. « li faut apprendre à connallre la Constitution. li faut donc que la Déclaratio11des droüs et les principes constitutionnels. composent à l'avenir un nouveau catéc!tismepour l'enfance, qui sera enseigné jusque dans les plus petites écoles du Royaume. Vainement on a voulu calomnier celle Déclaration ; c'est dans les droits de tous que se trouveront éternellement les devoirs de chacun » ... • Il faut apprendre à perfecJionner la Constitution. En faisant serment de la défendre, nous n'avons pu renoncer, ni pou,· nos descendants, ni pour nous-m~mes, au droit et à l'espoir de l'améliorer. li importerait donc que toutes les branches de l'art social puissent être cultivées dans la nouvelle instruction; mais cette idée, dans toute l'étendue qu'elle présente à l'esprit, serait d'une exécution difficile au moment où la science commence à peine à naitre. • • Toutefois il n'est pas permis de l'abandonner, et il faut du moins encourager tous les essais, tous les établissements partiels en ce genre, afin que le plus noble, le plus utile des arts ne soit pas privé de toul enseignement. • • JI faut apprendre à se pén6trer de la morale qui est le premier besoin de toutes les Conslitulions. Il faut donc, non seulemenl qu'on la grarn clans tous les cœurs par la voie du sentiment et de la conscience, mais aussi qu'on l'enseigne comme une science véritable, dont les principes seronl démontrés à la raison de tous les hommes, à celle de tous les Ages. C'ést par là seulement qu'elle résistera à toutes les épreuves. On a gémi longtemps de voir les hommes de toutes les nations, de toutes les ,·eligions, la,, faire dépendre exclusivement de celte multitude d'opinions qui les divisent. Il e11 est résulté de grands maux, car en la livrant à l'incertitude, souvent à l'absurdité, on l'a nécessairement comp1·omise,on l'a rendue versatile et chancelante. IL EST TEllPS DB L' ASStOIR sua SES PROPRES BASÊS, il est temps de montrer aux hommes que si de funestes divisions les séparent, il est du moins dam la morale un rendez-vous commun ou ils doivent se réfugier el se 1·éunir. ll faut donc. en quelque sorte, la détaclier de ce qui n'est pas elle, pour la rattacher ensuite à ce qui mérite notre assentiment et nolre hommage, à ce qui doil lui prHer son appui. Ce changement est simple, il ne blesse rien; surtout il est possible. Comment ne pas voir, en effet, qu'abslraclioo faite de tout systême, de toute opinion, et en ne considérant dans les hommes que leurs rap-
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