Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

1120 IIISTOirlE SOCIALISTE « des parliculicrs •• comme dit l'arlicle propos6 par Talleyrand ; et ces « particuliers • ne pouvaienl êlre ni des moines, puisque les congrégalions élaienl inlerdites et allaient être dispersées, ni des prêtres réfractaires , puisque la Révolution, qui les frappait de l'internement d'abord, de la dépo rtation ensuile, et qui les déclarait• suspects•• ne pouvail leur livrer l'ense ignement. La Révolution se bornait donc à solliciter Je zèle des « particuliers • amis de la Révolution qui librement auraient secondé l'immens e effort tenté par elle. Les polémisles cléricaux, quand ils invoquenl ces text e, pour Justifier, au nom de la Révolution, la liberlé d'enseignemenl étendu e aux congrégalions et à l'Église, corumellent, volontairement ou non, la plus grave méprise. Qu'ils suppriment les congrégations, qu'ils soumettent le clergé à la constitution civile, et la question n'existe plus. Talleyrand, distribuant en e!Iet les di vers degr6s d'enseignement comme le prévoit l'article constitutionnel, d'après les divisions administratives , prévoit quatre sortes d'écoles. Il y aura des écoles primaires corresponda nt à la commune et, à Paris, à la section. Il y aura ensuite des écoles de district donnant un enseignement plus élevé. Au troisième degré, il y aura, au chef-lieu de département, des écoles spéciales, écoles de théologie, éco les de droit, écoles de médecine, écoles militaires; bien entendu, un même ch eflieu ne devait pas comprendre toutes les écoles, et beaucoup même, parmi les chefs-lieux de département, n'en devaient pas recevoir. Enfin, au sommel, un Jnstitut universel, dont Talleyrand parle en termes magnifiques. Il le concevait comme une combinaison de ce qui est aujourd'hui l'Inslitul et de ce qui est aujourd'hui l'école normale supérieure, c'est-à-dire, à la fois, comme un foyer de haute science et de hault: pensée, et comme une organ l• sation enseignante. De même qu'au delà de toutes les administrations se trouve placé le premier organe de la Nation, Je Corps législatif, investi de toute la force. de la volonté publique; ainsi, tant pour le complément de l'instruction que po ur le rapide avancement de la science;il existera dans le chef-lieu de l'Empir e, el comme au faite de toutes les institutions, une Ecole plus particulièremen t nationale, un institut universel qui • s'enrichissant des lumières de toutes l es parties de la France, présentera sans cesse la réunion des moyens les pl us heureusement combinés pour l'enseignement des connaissances humaines et leur accroissement indéfini. • • Cel institut, placé dans la Capitale, cette patrie naturelle des arts, au milieu de tous les modèles qui honorent la Nalion ... , est destiné par la for ce des choses, à exercer une sorte d'empire, celui que donne une conOance toujours libre et toujours méritée; il deviendra par le privilège légitime de la supériorilé, Je propagateur des principes et le véritable législateur d es méthodes ,,, et de tous les départements des jeunes gens d'élite seront envoy és à cet instilul comme à la suprême école de la pensée humaine.

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