IIISTOJnE SOCIALISTE 1119 paru une delle rigoureuse de la société en l'ers t~u,. li faut qu'elle l'acquille sans restriclion. • C'est une belle application de la théorie du contrat. C'e,l, si je puis dire, le contrat social éle,·é à la conscience. L'enfant, a,·ant d'entrer dans l'association qu'est la société, doit apprendre de cette association marne quels en sont les principes el les règles. L'in•lruclion primaire, c·e•l comme la lecture faite par la société aux enfants des statuts de l'association où ils vont entrer. Pour le premier degré de l'instruction c'est donc la gratuité ab,olue. Pour les autres ce sera la gratuité parUellc. L'Etat se bornera à assurer l'existence des autres enseignements ; mais au delà de ce minimum de dépense, il laissera la cbnrgr aux citoyens eux-mômes qui veulent directement participer aux arnntages d'une instruction ~11péricurc. Il ~emlJle à Talleyrand que la gratuité absolue de tous les degrés d'rn-cignement opérerait un décla,semenl universel. Il suffira donc que les iwlividus doués de talents particuliers soient aidés par l'Etat à • parcourir tous les degrés de l'i nslruclion •· Talleyrand cl la Constituante affirment très énergiquement « la liberté d'enseignement •; pas de prhilége exclusif, pas de monopole, que ce soit le mono1,ole de n!tat ou un autre. "ais quel sens avait en 1791 et 1792 la liberlé de l'cmelgnement? li est plaisant de voir comme en ces questions restées ardentes et vivantes et c1ui divisent aujourd'hui si profondément les esprits, tous les partis •e di•putrol les te,tes de la llévolulion et ses déclarations de principe; mais il est plaisant surtout de voir comme en citant les textes, les déclarations, ou même les décrets et articles de loi, les polémistes font alJstraclion des circonstances hhloriques, des réalilés po!iliq re, et sociale, qui donnent à la législation son vrai sen•. Ainsi, quann le., tenants de l'Égfüe invoquent 'l'allei rann, Condorcet, pour comballre aujour,l'hui ridée d'un enseignement tout national, ils oublient ou ils alTectenl d'oublier denx choses: c'est d"abord que la Révolution avait dissous toute corporation et toute coogrégalioo, interdit les vœu, monastiques ; elle ne pouvait donc pa, redouter un cn•eignemenL con~égani•le, un Étal enseignant dans rttaL enseignant, une contre-révolution enseignante dans la Révolution dupée; c'est, en second lieu, que le clergé élail soumis à la Constitution civile. Les prêtres, les hêques él.4ienl des foncUonnalres électifs, nammés par le peuple dans les mêmes conditions quo les administrateurs des di<tricls ou cles départements. Ceux-là, fonctionnaires de ln Révolution et obligés de se réfugier en elle contre le fanatisme dévot pro\'oqué par les prêtres réfractaires, ne pouvaient songer à dresser un enseignement rival de celui de 1'2tal; Ils ne ·pouvaient agir d'ailleurs qu'i11dividoellement, car toute associaUon permanente de prClres aurail él6 suspecte de rétablir les corpor.,lioas abolie$. Dooe, lorsqu'en 1791 el 1792, la Révolution accordait la 'liberté d'enseignement, elle ne l'accordait pu à l'tglise, elle l'accordait aeulcmenl Il
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