HISTOIRE SOCIALISTE 1J17 c 11sera créé et organisé une inslruclion publique commune à Lous les citoyens, gratuite à l'égard des parties d'enseignement indispensables pour tous les hommes, et dont les établissements seront distribués graduellement dans un rapport combiné avec la division du royaume. • Publique? c'est donc la nation qui devra l'organiser et la contrôler. Commune à tous les citoyens? L'expression ainsi isolée serait ambiguë. La Constituante n'entend pas que tous les enfants recevront la même instruction.' D'abord elle prévoit des degrés dans l'instruction, puisqu'elle ne décrète la gratuité que pour les écoles élémentaires. Et en second lieu, elle n'entendait pas abolir tout enseignement privé, puisque le projet rapporté par Talleyrand et vivement applaudi par l'Assemblée se termine par un litre spécial : Liberté de l'enseignement; dont l'article unique est celui-ci: • JI sera libre à tout particulier, en se soumettant aux lois générales sur l'enseignement public, de former des établissements d'instruction; ils seront tenus seulement d'en instruire la municipalité et de publier leurs règlements. " • Commune à tous " signifie donc qu'aucune idée de caste ne séparera les enfants de la nation, qu'il n'y aura pas des écoles réservées aux nobles ou aux ci-devant nobles ou encore à ceux qui payent un chiffre déterminé de contribution, et que légalement toute école sera ouverte à Lous, sans autre limite que les ressources de temps et d'argent dont peuvent disposer les familles. Cela signifie· aussi que lous les enfants, même ceux qui doivent parvenir à de plus hauts degrés d'instruction, passeront par les écoles primaires. Enfin l'article constitutionnel étabfüsail la gratuité des écoles élémentaires. Comment, par quels traits, Talleyrand, interprète des nombreux Comités iiui étudièrent le problème, a-t-il fixé la pensée de la Constituante? Celle-ci ne put discuter le rapport, mais elle décida qu'il serait imprimé el distribué à l'Assemblée qui allait venir. C'est donc comme Je testament inlelletuel de la première Msemblée révolnlionnaire; c'esl aussi le poinl de départ et comme le thème tout préparé des travaux de la seconde. Tout d'abord, l'instruction doit être universelle el en tout sens : universelle, parce que tous doivent la recevoir, universelle, parce que tous doivent être également admis à la donner, universelle, enfin, parce qu'elle doil porter sur toute l'étendue du Ravoir humain. • Elle doit exister pour tous, car puisqu'elle est un des résultats, aussi bien qu'un des avantages de l'association, on doit conclure qu'elle est un bien commun des associés : nul ne peut donc en être légitimement exclu; el celui-là qui a le moins de prop1·iétésp,-icées semble mime avoir un droit de plus pour participer à celle propriété commune. 2° • Ce principe se lie à un autre. Si chacun a Je droit de recevoir les bienfaits de l'instruclion, chacun a, réciproquement, le droit de co~courir à les répandre : car c'esl du concours et de la rivalité des ell'orts individuels que naitra toujours Je plus grand bien. La confiance doit seule déterminer
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