784 HISTOIRE SOCIALISTE rallior à la Révolution toutes les forces, tous les dévouements: et, c'est sans doute celle pensée qui avait décidé le Comité féodal. Tous les jours l'agilalion des campagnes se faisait plus vive et en dehors des documents particuliers, des pétitions et plaintes que publie M. Sagnac pour les mois d'avril, de mai 1792,j'en trouve la preuve décisive dans un dis• cours de Roland lui-même, alors ministre de l'Intérieur, qui, sous une forme bien incertaine encore et avec des réserves significatives mais au nom de l'ordre public, demande à l'Assemblée de prendre enfin un parti. • Les droits féodaux, dit-il à la tribune le 16 avril, sont une autre source d'inquiétude el de mécontentement; cette matière a toujours pai·tt délicate aux législations; il impoi·te cependant de prendre une mesure générale qui tempère l'effert•escence des esprits, el qui, sans blesser ta justice, accorde quelque chose aux malheurs de ceux qui sott{frenl depuis des siècles; il ne m'appartient 1,as de rien indiquer, mais je dois faire connallre la nécessité des mesures. • Cet appel de Roland, ce cri d'alarme ne suffit point à vaincre la résistance de l'esprit de propriété, et quand, en juin, le projet du Comité vint en troisième lecture, il eul à rnbir les plus fortes altaques. Le modéré Deu,y. soutenu par les vif~ applaudissements de plus de la moitié de l'Assemblée, le soumit à la plus vigoureuse critique. Il opposa son système historique des origines fèodales à celui du Comité. Selon Deusy, le mot deféodalilé recouvrait des institutions très diverses. Il y avait pour ainsi dire trois sources, siluées à des profondeurs diverses, des obligations féodales. Il y avait d'abord une survivance de l'esclal'age anlique manifestée par des droits personnels qui livraient l'homme à l'homme. Tout c~ qui provenait de celle source ancienne de servilude devait élrr supprimé sans indemnité el l'aYait élé en effet par la Constituante. Il y avait ensuite des usurpations, comme le droit de justice, de patronage, etc., corn mises par Je seigneur sur la puissance publique, et quand la puisrnnce publique reprenait les pouvoirs usurpés sur elle, elle ne devait aucune indemnité. Enfin, il y al'ait des obligations résullant d'un contrat: il y avait de, droits féodaux qui représentaient une concession primitive de fonds, et cem-là, comment pourrait-on les abolir sans toucher à la propriété elle-même au,si sacrée sous cette forme que sous toute autre? D'ailleurs Deusy démontrait que les seigneurs avaient usurpé non pu précisément les droits féodaux, mais la propriété même des fonds el il demandait à !'As-emblée si elle aurait l'audace d'abolir les propriétés mêmes. • 81 donc il fallait dire avec le Comité que le vice originaire d'un droit en commande impérieusement la destruction lors même que les lois existantes l'ont toujours regardé comme un droit de propriété; 11I,dls,Je, il fallait adopter CC' principe inconslilulionnel el destructeur de toute société, Il faudrait 1,our élre conséquent et en faire une jusle application d'après les faits, non pas on
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