Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

II ISTOlllE SOCIALISTE !Oil! maximes 11u'on lui aura débitées, voudra peul-être exiger ce qu'on ne voudra pa, lui accorder? •··· C'est cependant avec ces i<Jéesgigantesques el vides de fens que l'on sP promet de séduire les faibles el 1~ ignorants qui sont le granrl nom!Jre ... Qur devimdra la propriété, ce bien si sacré que nos Rois ont déclaré eu,- rnèmes quïls sont dans l'heureuse impuissance d"y porter atteinte? • On de\ine ce qu'a pu écrire ce même Séguier, en 1702. Dans son écrit : La Co11.1lillllio11renverst-e, que la mort interrompit, il commente avec une pa<,ion agre,~ive l'article 8: • La Constitution garautil encore lïnliolabililé des propriété•. • • Admirable garantie! El moi, je prends à témoin tonte l'Europe et je garantis le renxers•menl de toutes les propriétés. J'interroge tous les /lropriétafres el je leur demande quel est celui d'enti·e eu:c qui 7!P ti·e111blpeas. Je ne parlr point de ces motions sédüieuses pour i11trod11iredPSlois ar;raires, motions toujours funestes et 1011jfl11rs applaudiu, motions qui, cltP: lrs Romaim, faisaienJ chérir da peuple celui qtti avait l'audace de les proposer, el qui, dam le désordre actllel, obtiendrtûenl à celui qui les proposera l'applaudisseme11t des tribunes, le titre de bon citoyen, de ces !tommes qui ne clterche,u que le pillage et la ruine des propri•tù. • " Comment pouITail-on compter sur les p1opriélés dans une cri,e aussi vivlcnle., avec un infernal agiotage, a1•ec une émission incalculab!P ct·assi- ,n. t- et de papiers de toutes sortes, lorsque les colonies sont emhrasée, el la France menacée du même malheur, lorsque par une roule rte décrets les propriétés mobilières sont confisquées, soumises à des formalités ine~écula!Jles, lon~ 1es, etc..? • Quelles sont donc les propriétés que la Caoslitulion garantit? Quels rnn t les !Jiens qui cSonl .à l'abri des dangers des actes du carp, léôi-htir, de la banqueroute depuis longtemps oommenrée? Ln Constitution promet une ju-te el prénla!Jle indemnité lorsqne la nécessité pu!Jlique e,igera le sacrifice d'une propriété. OEuvre aussi frustratoire que la première et qu'on a mille foi- réclamée sans obtenir justice. Où prendre les indemnités lé;dlirnes des perles que l'on a essuyées, de celll'S que l'on doit essuyer encore? Le droit de propriété n'existe plus 11n France; oe lien fondamental des société,; est dis- •ou,. Uoe foule de décrets ont attaqué directement le droit de propriété; le corps con-tiluant el le corps constiloé ne l'ont pas épnrf,'th!, el l'on ose parler de re,pecl, d'inviolnhililé, d'indemnité? Vos assemblées ressemblent à ce brigand qui s'était fait une loi de ne prendre aux pasfants que la moitié de ce qu'ils avaient dans leurs poches. Un marchand fut arrêté, i1 n'aYait qu'uu éeu, le voleur veut lui rendre 30 sous : • Aulan! vaut-il que vous ganliiei touL, lui dit le marchand.» - • Non, Monsieur, je n'ai ! as le droil de fOUI prendre plus de 30 sous; je ne dois pas, en conscience, garder le re,tc. » Combis de s- à qui l'AJsemblée nationale n'a pas lai~sé la moitié, le quart

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