Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

i0i4 JIISTOIRB SOCIALISTE dresserions proc~s-wrl.wl. Leurs officiers municipaux nous onl déclaré qu'ils avaient été forcés de les suivre d'après les menaces qui leur avaient été faite~. Nous les avons engagés à nous aider à retenir les perturbateurs et à farnriser le bon ordre dans le marché. Nous avons fail garder la balle au blé par notre garde el gendarmerie nationales. Aussitôt les ciloyens de SainteMarguerite et autres paroisses se sonl emparés clecette halle au blé; ils nous ont contraints, à ditrérenles reprises el malgré notre refus, de fixer le prix du blé à 19, 20 el 21 llvres; l'avoine à 10 et 11 livres, et la vesse à 9 livres, en nous menaçanl, si nous ne le fixions pas, de nous faire un mauvais parti; ils nous ont même certifié que leur intention était que ces prix restassmt jusqu'au premier aotlt prochain, el qu'ils ne variassent en aucune manière, san, quoi ils reviendraient jusqu'au nombre de quinze mille. Forcés de céder à leurs menaces, nous avons été contraints d'acquiescer. • Dès que la halle a été vide, les ciloyens armés nous ont conduils el forcés de les accompagner dans deux maisons différentes, chrz les sieurs Raymond et Perrier, citoyens de celle ville, où ils nous onl conlraints de faire distribuer le grain quj élail dans leurs grenier;;. Obligés d'agir à leur gré, on leur en a délivré, en notre présence, cenl boisseaux à 3 livres 10 sols (ce qui n'est même pas leur ta,alion du malin). Ensuite, ils se sont retirés et onl pris chacun le chemin de leurs paroisses. • • Ce jour-là, messieurs, continue Tardi veau, la municjpalilé de Conches prétendail arnir été forcée de se prêter à toul ce qu'on avait exigé d'elle; mais, trois jours après, nous la 1·etrouvons à une demi-lieue, taxant encore non plus les grains, mais les fers, le bois el le ·charbon... La paroisse de la )!euve-Lyre, qui raccompagnait, demanda au maitre de forges deux canons de six livres de balles, pour prix de la protection qu'elle venail de lm accorder. " Le i" mars, l'attroupement, comme nous l'avons vn, n'étail encore que de quatre cenls hommes; il étail de cinq ruille, le 3 mars, aux forges de Beaud;iin; le 6, à Verneuil, il était de huit mille. Le plan de campagne était tracé; on annonçait qu'à Evreux il se trouverail cinq mille individus, eL qu'après avoir soumis la ville à ce qu'ils appelaient leur rnlonté, le même altrvupement passerait dans Seine-et-Oise où, à la même époque, il y avait de pareils rassemblements ... Les mêmes excès a1aient lieu, à la même époque, dans les départements voisins d'Eure-et-Loir, de l'Oise, de Seine-et-Oise et de la Seine-Inférieure. • Evidemmenl, les autorités électives secondent ou lolèrenl, en bien des points, l'action des pay~ans. El cela seul prouverait qu'il ne s'agit point ici de ceux que les paysans eux-mêmes uppelaienl • les brigands », c'est-à-dire, les mendiants et les vagabonds. C'esl, pour ainsi dire, toule la population rurale, à l'exception des grands propriétaires bourgeois et des gros fermiers, qui est en mouvement. Il y a là comme une mise en œuvre àe ces

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