Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

i(l(i(\ TTISTOJRE SOCIALISTE el le I orl. el • qu'une ,illc immense, renfermant plus de iOO millions de pro11r;t11é,., élail menacée de périr par l'anarchie. Eux aussi ils demandent, pour ra,,mrt'r le peuple, lïnlervenlion de l'Etat dans le commerce des grains: « :,i ft,~ rnb,istani-es appartie,111e11t à la nation, que la nation se cliar(Je de lrs {flire rr flurr de.~ /iru:r: où elfrs abo11de111 rlallS ceux où elles manquent; alor, les denrées ne seraient plus à la merci de l'avidité de, spéculateurs.• L'Assemblée 1i'alla pas jusque-là, mai, elle chargea le gouvernement d'acheter à l'clrJnger el de re,enùre ùes grains. • Il est peul-être impoliliquè, dil C3mbon, lei'' mar,, dans rtes Lemps ordinaires, de charger le gouvernement de l'achat des grains, mais ùans ce moment-ci il faut prendre des me,ures extraordinaires. Nos pays méridionaux manquent ùe 1,trains; si vous leur donniez de, ,ecour, en argt'nl, la concurrt•nce ;élahlirail dans Lou, les m,trché, élran3er,, el dan, les achats de papiers sur l'étranger, ce qui pourrait produire des désa,antages considérables: i 0 en faisant augmenter Je; grai11,;dan:1le:1marchés; 2° en fais,rnl bai-,er le cour:1du p.,p.,·r sur l'êlran~er; en conséquence le ministre de l'intérieur do,t ùlre chargé de l'achat de ce, gr,1in,. • C'est ,urloul au printemps, en mars el avril, que les mouvements furent vils, soit qu'à ce moment les charrois de grain:1 su:1pendus en partie par l'hiver reprissent a,·ec aclhilé, soit que le, approvisionnements de l'année prl'cédenlc, <lonl la récolle avait ôté lrès bonne, fussent épuisés cl que l'inquiclude s',1ccrill, soit que ranimation crois-ante de la lulle contre les émkré, el lt', prêtres, el l'imminence de la guerre contre l'étranger, pass10nna,,e11l Ioules les que,lions. En outre, le mouvement de hausse dans le prh des denrée,, dont nous avon, signalé les causes mulliples, s~ faisait surtout sentir à ce moment el déterminait jusque dans les campagnes une émotion a,se1. vive. Ainsi c'est aussi bien pour hausser le, salaires ou pour la~er les denrées que pour retenir sur place les grains que, en ce printemps irrité el inquiet de 1792, les ouvriers el les cultivateurs se soulèvent. A Poilier;, ce sonl les ouvriers des manufactures qui demandent la la.lalion du prix du pain, déclarant qu'au-1lessus de trois sous la livre il e,;l tr:op cher pour les salarié:1. Le 20 mars, un délégué ùe la municip1lilô de Poitiers vient deman,ler un secours de 30,000 livres pour nourrir une population ouvrière pauvre, el une population de mrndianlS qui, en ce pays de couvents el d'abbayes, était la veille la clientèle misérable el avilie des moines. • Depuis plusieurs Jours, il était survenu une progression subite et erfrayaule dans le pri~ des grains; les boulangers sollicil~ienl avec raison une augmentation proportionnelle dans le prix du pain... La municipalité ije réunit alors avec les directoire, <lu district Pl du Mpartemenl, et il fut reconnu qu'on ne pot11ail ,'emp~cher de surta,,,r le pain ... • Mai; ,ix cents ouvrier,; inve.tirenl la maison commune en criant : • Au1 (, l •, " J

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