Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

llIS'rO!RE SOCIALISTE 1053 el que l'on apprenai1q11elq11emouvemenldans les provinces, les jean-foutre; at•aienl un air triste, une fig11reblême, 1111 nez allongi', et aujourd'hui que les biens domaniaux se vendent avec succès, mille bombesI ils sont aune joie qui ne peut se rrndre; leurs actions sont augmrnlérs de moilitJ el leur durrlé n'.en est pas diminuée d'un pouce; ce n'est point assr;:;d'avoir accaparé 110sécus, soit pour eux, soit pour les aristocrates, ils reulenl encore ,·emparer des petits assignais; ils 0111 Slt faire p,·endre fr< armes au peuple pour entourer la salle de l'Assemblée le jour que le décret sur les assignais a élé rendu; mais, (011treI ce prople n'e11liérilera pas plus que des écus, et quand Ioules les allaires seront bien arrangées pour eux, el que le pain·re peuple sera 1011jo11rmsalheureux, quïl se plaindra, 011 lui dfra pour toute réponse: Tu l'as vo11lu, George Dandin. « Tous les jours, vous entendez dans les districts de foutus marchands s'écrier: Que l'argent est rare I que va-t-on devenir? Ah! il n'est point possible d'y tenir! el les mâtins ne disaient point que c'étaient eux qui étaient les premiers marchands d'argent. Ils criaient à tout instant comme des bœufs : Ce sont les aristocrates, ce ,ont les aristocrates qui achètent l'argent pour l'emporter à l'étranger. !lé I bougres, n·en vendez pas, cl l'on n·en achètera pas. C'est vous qui êtes les premiers aristocrates, et d'autant plus à craindre que ,ous le voile du patriotisme, vous nuisez à la vie de vos frères. Si l'on runit de~ traitre~, vous devriez l'élre les premiers, ou si rnus continuez à faire ,otre foutu commerce, vous n'êtes point des hommes. vous êtes des tigres. r:,t-ce possible qu'il se trouve dans le nouveau régime des agioteurs, des monopoleurs comme dans l'ancien? .... Ces bougres d'agioteurs ont un diable dans la tête qui ne dort jamais. li n'y a que quelques volées de coups de bâton qui puissent les arrêter. Ne vous avisez pas d'aller faire des émeutes à leurs portes, ni de vouloir forcer leurs maisons, car les bougres ne demanderaient pas mieux. On ne leur aurait rien pris, et ils diraient qu'on leur a volé des milliùns. • Puis il s'en prend au clergé, mais en ayant bien soin, selon le sentiment populaire de celle époque, de distinguer le prêtre de la religion. Il parle avec ironie de • la reconnaissance due aux juifs qui, à force d'usurer avec nos cidevant prélats ont introduit dans le sanctuaire tous les vices qui nous ont fait ouvrir les yeux ... En voyant comme les bougres de prêtres avaient amalgamé la religion avec leurs passions, je crois que le bon Dieu ne s'y reconnaissait pas lui-même. Mais, !outre, à préienl il verra nos cœurs à nu et verra que nous sommes tous frères, que nous aimons notre bon roi et encore plus la nation ... • El effrayé des mouvements fan.itiques qui se dessinent il ajoute : • li faut que nous engagions nos femmes à ne plus se mêler des affaires de prêtres,car si leurs bougres de langues s·avisenl de remuer sur des quesUon1 qu'elles ne connaissent pas, nous n'en aurons jamais fini. • (n• 16).

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