10:;2 HJSTOIRE SOCI ALlSTE sïrrile, se rcjouit, passanl d'une sorte d'abandon sentimenlal à de soudaines défiances. Ecoutez comme il admire d'abord Mirabeau en son numéro 10 : • Je ne m'étonne pas si l'éloquent Mirabeau avec sa voi~ de tonnerre trouve tant de plaisir à les écraser (l'abbé )Jaury el ses amis) ... Parle toujours, notre dur homme de la !)alrie; notre cœur jouera du violo11, toutes les fois que tu ouvriras la bouche pour pérorer dans notre auguste Assemblée. • c·esl ,raimenl l'écho des remmes de la Halle, l'appelant à Versailles• noire pelil père ~lirabeau •· Mais tout à coup les combinaisons de Mirabeau, sa politique compliquée l'inquiètent (n• 12): • Nous ,oyons que ta sacrée caboche nous a donné des inquiétudes mortelles ... Ce n'est pas asse1. d'avoir une bonne gueule, il faut avoir une belle âme, entends-tu, mon bougre d'ami?• C'était bien là, à l'égard de Mirabeau, le senliment mêlé du peuple : inquiétude et a!Teclion. Marat n'a pas ces notes riches. Mais voici, dès l'été de lî!ll, les manœuvres d'agio sur les assignats qui s'annoncent. Hébert commence contre les •accapareurs• une vigoureuse campagne (n• 14), et il fait un piquant portrait de, capilalistes révolutionnaires: « J'ai eu beau crier contre les foutus marchands d'argent, contre ces triples juifs qui accaparaient nos écus, j'ai eu beau leur donner la chasse, les poursuivre à coups de fouet, les jean-foutres osent encore reparaitre, 'et vendre des petits assignats que nous attendions avec tant d'impatience. Qui .sera assez lâche pour ne pas oser repousser de pareils mâtins, tomber sur eux, les rosser d'importance et les reconduire tout martelés de coups chez les âmes damnées qui les font agir? • Je ne sais par quelle sacrée politique on u'a pas encore été à la source de ces manœuvres qui ont si souvent mis le peuple et l'armée au désespoir. Il y a un tas de jean-foutres qui sont à la lète·de l'opinion publique, qui ont l'air de servir les intérêts du peuple, qui le caressent d'une main et qui lui foutent des coups de l'autre. ~li lie noms d'un tonnerre! Jene pourrai jamais en tenir un et le traiter comme il le mérite? Ces bougres d'agioteurs, s'imaginent-ils donc qu'ils seront les seuls impunis? Comment 1 On aura écrasé la noblesse, les 1iarlementaires, le clergé, el ces cœurs d'Arabes seraient épargnés? Qu'ils tremblent, les monstre.! un jour viendra quo la fureur du peuple montée à son comble leur fera sentir les etrets d'un terrible mais Juste ch&- liment. • Comment le cœur ne se soulèverait-il pas quand on co11Sidèreces mag11ifiq11esh6tels qu'ils 0111cimeutés avec les larmes des malheureux? us bougres de mdti11s0111eu l'air de se mettre à la tête de la Révol11tio11,disant que c'était la librrti' qu'ils défendaient, tandis que c'était leur or. Aussi les ai-je toujours vus i·arier suivant les circonstances. Quand on rendait quelques décrets ava11tageux pour leurs manœuvres, les bougres étaient bien patriotes; quand il y avait quelques lenteurs dans les travaux de r Arsemblée
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==