7i6 HISTOIRE SOCIALISTE pourra en faire le rachal parliel, sans, qu'en vertu de la solidarité, il puisse être conlrainl à rembourser au delà de sa quote-part; el ne seronl réputés con,crvés el susceplibles de rachal que ceux des dits droils, qui seront élatJlis par lilrcs conslilutil"s suivis de preslalions ou, au moins, par lrois reconnaissances successives, 6galemenl suivies de preslalion et dont la plus ancienne rappelle le lilre cle concession; « 2° Qu'il n'y aura lieu au rachat forcé des drois casuels, •1ue dans le cas où, ai rès lP. rachat effectué !les droits fixes, il y aurait mutalion réelle de propriélé par venle ûU acle équivala11l à venle. • Je ne sais si je me trompe. Mais il me semble que, dans les paroles de Couthon sur le paysan qui n'a que ses bras el sa bêche, el qui voudrail lravaillcr librement une porlion de la grande luJrédit6 commune, il y a un accenl nouveau el plus profond que dans les discours des con,tiluanls. L'homme qui prononce ces paroles n'hésitera pas à aller un jour jusqu'à l'Jbolilio11 entière sans rachat. Mais, loul d'abord, il formule des propositions plus prudentes. Soudain, en terminant, il lie de nouveau lïnlérN drs paysans au vasle intérêt de la Révolution. « \'oulez-vous, ~Icssieurs, assurer le prompt recouvrement des impôls, voulez-vous tripler la faveur du papier monnaie, ioulez-vous tuer l'agiolage, voulez-rnus remédier efficacement aux troubles prétendus religieux, voulez- ,·ous déconcerter tous les provos des malveillants, cl consommer, d'un seul mol, la fiévolulioll"? nendez de semblai.iles lois; occupe::;-vousdtt peuple; vous le dcvei, puisqu'il vous a confié ses intérêts les plus chers; la France e,l heureu c cl libre si vos travaux sont sanclifiés par la bénédiction du peuple. LP salut public e,l, au contraire, compromis si la mortelle indifférence de l'opinion vient frapper vos décrets.» {~pplaudissemenls ,·épétés dans l'A,~emblée el dans les tribunes.) ' Ainsi, de môme qu"à l"ardente lumière révolutionnaire du 14 juillet, les paysans avaient apparu, de •l)ême que dans le premier ébranlement de la Révolution ils avaient imposé à la bourgeoisie des décrets mémorables, de même, en ces jours incertains el troublés du premier semestre de 1792, aux ;>remiers éclairs de guerre civile et de guerre élrangùre, la figure du paysan se dresse encore, déçue el amère. La Ilévolulion, pour se sauver, sera obligée de lui accorder en fait ce , que le décrel du 4 août ne lui dounail qu'en apparence. Les juristes s'épuiseronl à trouver des sul.Jlililés d'interprétation, ou à Mtir des systèmes d'histoire pour justifier l'expropriation des seigneurs . .\lais Couthon a prononcé le vrai litre des paysJns : le salul public, le salut de la Révolution exigeait qu'ils fussent délivrés. Mais q11elentrelacement des choses! quels contre-coups des événements! el, comme les Révolutions, même ramassées en un espace de temps assez court, sonl un drame compliqué! c·est la trahison du roi qui, e11obligeant la
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