Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

II ISTO fRE SOC! ALISTE 1007 tous égards. Je vous prie, Monsieur le Pré,itlenl, lie communiquer de suite à l'Asse,nblée celle lellrc importante pour moi. (Rire; d<1.1l1es, tribunes.) • Si(JllP, Do,cARYd, éputé de Paris. • La bourgeoisie commerçante el mod •rée, dont Boscary él 1il un des prinripaut représentants, e,l. si l'on me passe le mo•. toute ahurie de ce soul/>- ,ement populaire. Il lui semblait en elîel s'Î\lre • livrée » toute enlière à la Révolution, el elle entrevoit soudain avec stupeur qu·au delà du cercle un peu étroit de ses pensées d'aulr('s forces s·agilent. 11.tl~ré lïndignatio11 d'u.!P partie de l'Assemblée, les tribunes couvrirent de huées el coupèrent de quolibets la letlrc du banquier révolutionnaire. Plu,.ieurodépulés,oulaienl qu'on pas,tit à l'ordre du jour sur la lellre de Dosœry, comme sur celle du m,·stérieux el ironique Delbé; mais l'Assemblée renvoya la pétition an pouvoir exécutif. Curieuses escarmouche, entre ces deux fractio11, du 'riers-Elal. qui ont fait ensemble la Révolution, qui souvent encor~ la sauveront ensemble, mais qui commencent à se heurter rune l'autre,elà prendre figure de claêses hostiles 1 Au problème qui lui était posé alors sur le pri, des denrées coloniale,, la Législali\'C n'avait pas de solution. Son Comilé du commerce songea un moment à lui proposer la sup1ires<ion du droit de O lil'res par quintal qui frappait le sucre l'lrnnger à sbn entrée en Frai;c~, mais il reconnut ,•ile que ce ~erait inutile; car la France, par l'abondance de ,a produclio11, dominant le marché du sucre, les cours du sucre en France ne tarderaient pas à régler les cour. du sucre dans le monde entier. Dès lors les étrangers ne pourraient pas impor:er du sucre Pn France, à un cours inférieur au cours môme de France, el uucnne baisse de prix ne se produirait. Pouvait-on d'autre parl, interdire l'exportation des sucres de France? Mais c·e,t avec ses sucres e,porlés que la France payait la plus grande partie des marchmdises qu'elle lirait du dèhor,. Le Comité coucluail donc quïl n'y avait rien à faire, qu'il n'y avait par conséquent pas à délibérer sur la question proposée. L'Assemblée murmura, mais nul n'essaya d'indiquer une solution précise. Ducos, le brillant député de DordeJux, elîrayé à l'idée que des mesures de prohibition ou de reslriclion commerciales pourraient ôlre proposées qui ruineraient nos ports, les comhallil avec un talent rcmar~uable, sans rien ajouter au fond à la thèse du Comité. Mais Jamais avec plus d'élégance et de uelleté ne ful e,pliquè le mécan.isme international du commerce du sucre. C'est en ce~ discours si substantiels el si lumineux que se ré,·èle la forte éducation économique el positive de la bourgeoisie lju xvm• siècl~, sur laquelle Taine s·esl si lourdement trompé. • Trois moyens, dit-il, ont été proposés à celle Assemblée pour opér.er une réduction du prix des sucres: • Le premier est de permellro aux étrangers l'introduction du sucre dans nos porta; le eecond d'en prQléger la sortie hors d11royaume; le troisième

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