Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

902 IIISTOIRb: SOCIALISTE des Feuillants el de l'oligarchie des colons blancs. Les dispositions pr ises sont as~ez rigoureuses pour que, celle rois, le décrel soit exécuté. Il esl \'r,1i que les commissaires civils sont nommés par Je roi. L'Assemblée n'avait pas oso les nommer elle-même. Dans la rédaction primitive, Gensonné avait pr évu cependant que les commissaires seraient pris hors de l'Assemblée mais nommés par elle. C'était l'acbeminemenl aux délégations souveraines que donnera plus tard la Convention. Mais la Législative se récria I el la question préalable rut votée à la presque unanimité, d'un côté par les Feuillants, qui ne ioulaient pas faire une brèche irréparable au pouvoir exécutif, d'a utre part par les Girondins, qui alTectaienl d'être rassurés sur les actes du roi par le choix des nouveaux ministres. llerlin de Thionville, qui représentait presque seul à l'Assemblée la politique anticoloniale, qui avait demandé, au grand scandale de tous ses collègues, que les intérêts coloniaux fussent séparés des intérèls de la mé tropole et que Saint-Domingue payât elle-même plus tard les frais de l'exp édition destinée à la secourir, ~erlin s'opposa à ce que les commissaires fussent nommés par l'Assemblée. li voulait laisser Loule la responsabilité au roi; el en même Lemps, il parlait, lui aussi, de sa confiance aux nouveaux ministres. Cambon s'éleva contre la nomination par le roi. Il voulait le concours de l'Assemblée el du roi pour le choix des commissaires. « fo vois avec peine, dit-il, que les amis de la liberté concourent eux-mômes à protéger les agenls du roi parce qu'un nouveau ministère entre en fonctions.» En fait , les choix qui fur~nl faits donnèrent satisfaction à la Gironde, puisque trois mois après, le 15 juin, Vergniaud proposa el fil adopter sans débat un décret additionnel qui accroissait les pouvoirs des commissaires civils, leur donnait le droit de dissoudre non seulement les assemblées colonia les, mais encore les assemblées proTinciales el les municipalités, leur confé rait le pouvoir de requérir les forces navales pour assurer leur débarq uement el les revêtait d'insignes officiels destinés à rendre leur pournir ,•isible. « Les commissaires civils porteront, dans l'exercice de leurs fonctions, un ruban tricolore, passé en sautoit·, auquel sera suspendue une méda ille d'or, portant d'un c0lé ces mots : la nation, la loi et le roi, el de l'autre ceux-ci : Commissaire civil.• C'est déjà l'écharpe des conventionnels em·o yés aux armées. Guadet, dans sou discours, ne s'élail pas bornô à réfuter les rapports cl les théories de Barnave à la Consliluanle. Il l'avait allaqué personnellement a,ec une véhémence e,tr~me. Il avait dit que Barnave avnil pris • pour les fureurs de Saint-Domingue les fureurs de l'hôtel Massiac •• el que Barn ave et Malouet ét1ienl allés à l'hôtel de ~assiac même se concerter a1ec ·1es représentants des-colons. Théodore de Lamelh (ses deut frères, Alexandre el Charles,a7aot été

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