11ISTOIR E SOCIALIST B 083 contre le nouvel ordl'e de choses, mais le 28 mars 1790, il écrivait au sieur Dubuc fils: • Je crois possible qu'au moment où vous lire, celle le/Ire, si elle vow parvient, vous soyez aux Anglais. Songe= que si cela arrivait, il y aurait wi grand coup à fair~ au sujet de la delle de /JI. Dubuc mvers ie ,·oi. Celle delle appartiendrait au roi d'Angleterre; il s'agirait de présenter des arrangements /ails ici, qui /Jte,·aien'taux vainqueurs le droit de l'exiger. » Vraiment, c'était prendre bien vite son parti de la domination de l'Angleterre, et quand on est aussi prompt à prévoir que la victoire cle l'ennemi permettra d'éluder une dette envers la France, on n'est pas très éloigné de la désirer. Ainsi les négociants de Saint-Pierre aidaient la Gironde à éveiller la défiance de la bourgeoisie des ports de France contre les colons blancs. Mais dans toutes ces luttes, la question des esclaves n'élait pas nettement posée. En fait, devant la Législative, c'étaient deux systèmes différents de répres.sioµ contre les noirs soulevés qui étaient aux prises. Les délégués des colons de Saint-Domingue voulaient que la France envoyât des troupes pour écraser à la fois les esclaves noirs et les hommes de couleur libres qui s'étaient joints à eux. La Gironde, avec Guadet et Vergniaud, voulait que l'on prit pour base de pacification le concordat du 11 S'eptembre, conclu à Port-au-Prince, que l'on réconciliât les colons blancs el les hommes de couleur par l'égalité politique, et qu'avec cette force reconstituée on arrôtàt Je soulèveme1ll des esclaves. i\Iai,;, pour désarmer ceux-ci, nul ne proposait de leur faire une concession ou une promesse. Blangilly, député du dèpat·tement des Bouches-dullhone, s'émut de ce silence el il avait préparé des observations sur « J'inutililé absolue des moyens qu'on prend pour apaiser les troubles de Saint-Domingue $i l'on n'améliore pas en même temps le sort des nègres esclaves, si l'on n'interdit pas aux colons les rigueurs excessives qu'ils se permeueot d'exercer sur eux. • Il y disait : • Peut-on être surpris de la révolte des nègres? Quel est celui qui n'a pas entendu dire, dès son enfance, que les colonies périraient par un ma.sacre général 7 Quel est celui qui n'a pas entendu parler des nombreuses tentatives que les nègres foot depuis plus d'un siècle pour secouer le joug de leur intolérable captivité? Quel est enfin celui qui peut ignorer que la vengeance des esclaves renversa les plus grands empires?» El il constatait que tout enlière à la querelle des colons blancs et des mulàlres, l'Assemblée paraissait oublier les esclaves noirs: • Quoi l la plus nombreu~e, la plus oui ragée des trois classes n'a aucune sorte de droits el de plaintes à raire valoir? N'ôtait-il pas naturel de mettre en question les motifs de son désespoir, au lieu de rappeler à l'ordre de laques-
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