HTS1'0IRE SOCIALISTE 951 mi11istres, que publia, à la date du 24. au 31 mars, le journal les Révolutions de Paris: « Nous avons dit souvent que le défaut essentiel de la Constitution française était de n'être point assise sur des bases immuables et de ne reposer que sur la probité supposée du pouvoir exécutif et de ses agents. Nous en faisons la triste épreuve depuis le 14 juille.t 1780; nous la faisons surtout depuis l'acceptation de l'acte constitutionnel par Louis XVI. Les sieurs Duport, Delessarl, llertrand, Duporlail, Montmorin, etc:, ont fait le malheur du peuple, parce qu'ils n'ont pas voulu être bonnètes isens. Que conclure de là? Deux choses qui vont parallre bien étranges : 1° Que la Constitution, en ce qui regarde le gouvernement, n'a presque aucun avantage sur le despotisme; 2• Que les ministres actuels peuvent néanmoins, s'ils le veulent, faire in,tantanément le bonheur de leur pays. • Expliquons ces prétendus paradoxes. Le peuple élit ses magistrats, ses juges. ses représentants; les représentants du peuple ont intérêt de soutenir et défendre la cause du peuple, qui est la leur, el ils la soutien Iraient, par la raison de leur intérêt personnel, s'ils ne trouvaient pas un intérêt plus grand à la trahir; or. quel est l'inlérèl étranger qui f,1it dévier une partie des représentants du peuple? C'est la liôte civile, ce sont lrs em ,!ois à la nomination du pouvoir exécutif: donc le Corps législatif serait nécessairement pur, si Je pouvoir exécutif n'avait q"'un salaire rabonnable el aucun emploi public à sa di,position. « S'il est une fois démontré qu'il n'y a que l'iofiuenee du pouvoir exécutif qui puisse engager le Corps législatif rlaos des démarches coutraires au bien du peuple, il l'est égalemeol que la Consliluliou ne repose que sur la probilé supposée du chef dn pouvoir exéculir; car si le Corps législatif est incorrompu, ses décrets seront salutaires et justes, le peuple sera bien gouvernr, toutes les fois que ces mêmes décrets seront ponctuellement exécuté", el ils seront ponctuellement e.'<écutés si le pouvoir exécutif' n'a aucun tntèrèl à ne les point exécuter; mais si le pouvoir exécutif a un intérêt à ne pas faire exécuter les lois, il ne les exécutera pas, el l'on aura beau faire, on aura beau décréter, le jeu de la machine n'en sera ni meilleur, ni plus actif. • On peul en conclurP, avec certitude, que le roi éta,u inviolable, el nul n'ayant te dl'oil de lui demander compte de so11inertie ou de ses actions, la révolution esl à peu près nulle, s'il s'obsli11e à rester en place el à contrarier sans cesse la marche de la révolution. • Jt rhulle de cet exposé que dans la vérité exacte, un peuple qui a un gouvernement où le roi est inviolable, el où nul moyen ne pettl le fo,cer d ~ir. n'est pas plus libre que ceux chez qui la volonté du roi esl la sup,·ême loi; car il n'y a pas de di/ft'.rellce elllre obéir à la vololllé d'un tiers el commander à celui qui a le droil de désobéir. Si les représe11ta11tsde la France
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==