I ll50 HIS'l'O!RE SOCTALTS'fE . Sociélé, eL je jure, au nom de la liberté, qu'il n'en sera point ainsi, qu'elle sera toujours l'effroi de la tyra,,oie et l'appui de la liberté. • • Là-dessus, note le procès-verbal des Jacobins, M. Dumouriez se précipite dans les bras de M. Robespierre. La Société et les tribunes, regardant ces embrassements comme le présage de raccord du ministère avec l'amour du peuple, accompagnent ce spectacle des plus vifs applaudissements. • Aucune objection de principe ne fut faite à l'entrée· oes patriotes, des • Jacobins (Roland était secrétaire de la Société), dans an ministère formé par le roi. A vrai rl!re, • les Amis de la Constitution • ne poavdient pas s'opposer aa fonctionnement de la Constilution qai donnait au roi le droit de choisir les ministres. Toajoars ju-qu'ici les Assemblées s'étaient abstenues de parallre exercer même un contrôle sur les choix ministériels faits par le roi. li pouvaiL les appeler el les rem oyer à son gré, et le caractère révolutionnaire du mouvement que provoqua le renvoi de Necker (et qui était antérieur d'ailleurs à la Constitution), ne peul l\tre invoqué comme le signe d'une pratiquP- contraire; même, alors, la Constituante protesta qu'elle n'entendait point peser sur la volonté royale. A vrai dire, le régime parlementaire n'6tail pas encore né. Les ministres, même en 1702, étaient les commis du roi beaucoup plus que les org,ines de la majorité: ils étaient responsables; ils pouvaient, comme de Lessart récemment, être mis en accusation. Mais cette responsabilité ne s'étendait pas au, actes où ils n'apparaissaient que comme les instruments de la prérogative royale. Ainsi, quand les ministres transmellaienl à l'Assemblée les refus de sanction du roi, aucune voix ne s'élevait dans l'Assemblée pour demander aux ministres : Pou consentez-vous à transmettre des refus de sanction portan l sur des décrets et des lois auxquels les représentants de la nation allachent la r,lus grande importance? li ellt semblé que faire un grief aux ministres de transmeUre le veto, c'ellt été s'en prendre au veto lui-même et supprimer le droit constitutionnel du roi, en lui relirant les moyens de l'exercer. Pourtant, quand le roi acculé fut obligé d'ap.peler, non plus des royalistes comme Bertrand, non plus des • monarcbiens » comme Delessart, non plus• œême des constitutionnels modérés comme Duport-Dutertre el Cahier de Gerville, mais des patriotes, des démocrates, 0 des jacobins comme Dumouriez et Rola~d, oo sentit confusément qu'il y avait quelque chose de changé dans les rapports du ministère el du roi. Oo entrevit que les nouveaux minhtres ne pourraient pas, à l'égard de la prérogali ve royale, jouer le rôle passif de leurs prédécesseurs, qu''ils étendraient nécessairement leur respons1bilité , et c'est comme la première ébauche, comme la première lueur du régime parlementaire qui apparait. Je trouve un indice de ce travail des esprits dans l'article: Des nouw,eau.z
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