Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

764 Il ISTOIR E SOC! ALISTE plus grand zèle pour aller 1·établir la tranquillité publique el prot éger le3 propriétés comme la stlretil des indfoidus. • • Ce qui nou5 afflige le plus, ~fessieurs, ce qui rend surtout le mal dange• reux, c'est qu'en plusieurs endroits les officiers municipaux son t ou les secrets moteurs, ou les complices, ou les témoim indifférents des troubles dont nous sommes"(orcés de vous présenter le tableau. Et que pou rrait-011 attendre, nous oso11sle dire, Messieurs, de corporations aussi faible s, aussi ignornntes, au<sipeu disposées à soumettre tout intérêt particulier à l'intérêt public, a1mi pett propres, en w1 mot, à remplir leur grande destination, que le sont, pour la plupart, les mwticipalitils de campagne? » Celte adres,e, toute pénétrée de frayeur bourgeoise, esl d'un baul iolérêl. Elle nous montre d'al,ord l'intensité du mouvement paysan contre le régime féodal subsistant. Non pas qu'il y ail eu précisément des violen ces. Malgré les potences el les placards qui peuvent fournir à un hislorien de l'école de Taine de terrifiantes images, il n'y a rien dans ce soulèvement qu i ressemble à u;e jacquerie meurtrière ; aucun gentilhomme n'est brutalisé ; el on esl réduit, pour nous émouvoir, à nous apprendre qu'un gentilhomme ùe quatre vingts ans esl mort de saisissement. En fait, c'est surtoul par la force d'inertie, par le refus concerté de payf.r les rentes féodales que les paysans agissaient. Mais, ce qu'il y a de plus remarquable, c'esl le concours que le ur prêlaienl les municipalilés. Avec quel mépris et avec quelle colère le s bourgeois du Directoire déparlemenlal, donl plusieurs possédaient des litre s de renles féodales, parlenl de ces municipalités paysannes qui lransformenl en réalité les décrets illusoires du 4 aotH ! Des paysans résistàienl aussi dans la région parisienne. Le 8 septembre 1700, le directoire du département de Seine-cl -Marne écril à l'Assemblée nalionale : • Le Directoire de Seine cl-Marne s'empr esse de vous annoncer hl fin des troubles excités dans le district de Nemours par les refus des dimes el champarts ; il se plall à rendre devaol vous la juslice qui esl due au Directoire de Nemours, à M. de Château-Thierry, commandaol de la garde parisienne, à MM. de MontallJan, Dufresnoy, de la Roche el de Cerlamen, ofllciers de Lroupes de ligne. Leur activité, leur p rUtlence et leur adresse sonl au-dessus de nos éloges el, malgré la résistance opi11idtre qu'ils onl éprouvée d'abord, ils ont réussi à faire faire des soumissions pour le paiement des cbamparls dans le plus grand nombre des par oisses égarées. • Mais d'année en année, la résistance paysanne se renouvelait el s'aggra- . vail, surloul quand approcbail le mome.nl des récelles, c'est-à-d ire des prélèvement; féodaux. L'Assemblée constituante, qui avait supporté impaliemmenl l'agilation de l'été el de l'automne de 1700, comprit bien qu'avec l'été de 1791 la

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