002 H!STOl!lE SOCIALISTE l'ordre est donné au maréchal de Bender de taire marcher un corps de troupes au secours de l'électeur s'il était allaqué. Tottl cela ne change point essentiellement tétai des choses. L'électeur a dit qu'il ne permellrait point de rassemblements chez lui; on ne lui a pas demandé plus, donc il n'y a pas de molir d'attaquer, mais les princes français voudraient profiter de l'occasion pour entamer la querelle, et en cela ils suivent un faux système, nu lieu de laisser à l'Assemblée tout le lort el le blAme dont elle se couvrira en faisant une ;lgrcssion injuste, faute qu'il est clair qu'elle commettra el qui lui attirera le ressentiment de Loule l'Europe. Il est donc de bonne politique de tout ramener à ce plan ; cela posé, on croit que l'on ne peut taire mieux que de Earder la même contenance et le même maintien jusqu'à ce que ceci prenne un développement clécirlé. Les nouvelles de Vienne, où sans doute on aura envoyé, traceront une marche certaine. il est moralement impossible que l'on finisse sans guerre cit:ile ou élrangè,·e; il est même probable que l'une et l'autre auront lieu en même temps. Quelque critique que soit une pareille chance, elle peul relerer le trône plus promptement, plus silr~menl que toute autre, el si on ne fait point <lefautes, si on s'attire et conserve l'opinion, on se verra en meilleur terrain que l'on n'a jamais été ci-devant. • Puisque la guerre commençait à parallre inévitable, les conseils de Bar• nal'e n'étaient plus pour la Cour qu'un fardeau. Elle le secoua. On devine que l'office de !'Empereur, communiqué à l'Assemblée le 3i décembre, fournit à Brissot une occasion nouvelle de presser les hostilités, d'engager la Révolution dans la guerre. Le i7 janvier, dans le débat sur le rapport de Ge,!.1SOnnéil, s'écria : • Le masque est enfin tombé, votre ennemi véritable est connu; l'ordre donné au général Dend"er vous apprenrl son nom; c'est !'Empereur. Les électeurs n'étaient que des prêle-noms, les émigrants n'étaient qu'un instrument dans sa main. C'est à la Haule-Cour à venget· la nation de la révolle de ces princes mendiants. (Applaudissements dans les tribunes.) « Cromwell força la ~'rance et la Hollande à chasser Charles. Une pareille persécution honorerait trop les princes : saisissez leurs biens et abandonnezles à 1eur néant. (Applaudissements.) · • Les électeurs ne so11t pas plus dignes de votre colère: la peur les fait prosterner à vos pieds. (Applaudissements.) • Cependant leur soumission peul n'être qu'un jeu; mais qu'importe à une grande nation celle hypocrisie de petits princes? L'épée esl toujours dans vos mains el celle épée doit nous répondre de leur bonne conduite pour l'avenir. « Votre ennemi vérilable c'est !'Empereur; c'est à lui, à lui.seul, que vous devez mus attacher; c'est lui que vous devez combattre. Vous devez le forcer ) à rompre la ligue qu'il a formée contre vous ou vous devez le vaincre. Il n'y a pas de milieu, car l'ignominie n'est pas un milieu pour un peuple libre. • {ApplaudisuJM1141,}
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