Jean Jaurès - La Législative : 1791-1792

HISTOIRE SOCIALISTE 800 • J'ai une occasion bien st\re d'ici à Bru\elles, el j'en profile, mon cher • frère, pour vous dire un mot. Vous recevrez avec celle-ci un mémoire que je s~is obligée de cous envoyer, de même que la Iellre que j'ai éÎé forcée de Yoas écrire &umois dejuillet. Il y avait aussi une lettre, mais comme elle dit la m0me chose que le mémoire, je me suis dispensée de l'écrire. li esl bien esscnliel que vous me fassiez une réponse que je pui•se montrer et où vous ayez l'air de croire que je pense tout ce qui esl dans ces deux pièces, précisément comme ,·ous m'avez ré1>onducet été. • Pourquoi doncMarie-Antoinelle est-elle obligée delranserire el d'envoyer à \'Empereur les mémoire et letlre rédigés pnr Barna\'e, Lameth el Duport? Elle a intérêt évidemment Il ménager les conslilutionnels; mais si sur la question cle la guerre ils ne traduisaient pas, au moins Il quelque degré, la pensée de la Cour, elle saurait bien en avertir avec précision son frère. Elle décline seulement la responsabilité des vues que contient le mémoire sur jn politique intérieure de la France. Ce mémoire n'est pas tout de Barnave, puisquïl est consacré en partie à jusliller la politique de Narbonne, que Barnave n'approuvait pas, mais il est certain qu'il y a collaboré. En dehors du témoignage précis de ~'ersen, le style même de certains morceaux équivaul à la signature pour ceux qui onl quelque habitude de la manière de Barnave. • Pour juger sainemenl des alîaires françaises, non seulement il ne raut prêter l'oreille à aucun parli, puisqu'ils soul tous égalemcnl aveuglés par leur intérél ou leurs passions; il ne faul pas mieu1 espérer que l'on connaitra l'étal des choses par les opinions que l'on entend énoncer. Les opinions en ce momenl ne sont ni assez universelles ni assez profondes pour servir d'indications sôres aux hommes qui veulenl raisonner en politique. Il raut compter pour beaucoup le caractère français, el celle propriélé qu'il a de s'oublier pour des idées générales et abstraites de liberlé, patriotisme, gloire, monarchie, elc., en tout, d'obéir à des impulsions soudaines el rapides. li en résulte qu'il esl plus facile de le guider au milieu des événements en disposant aYec art les objets de sa haine ou da "" 0 a.!Teclionque de soumeltre sa conduile au calcul. • El les auteurs du mémoire, A!M'èS avoir analisé les esprits, tenLenCde persuader à !'Empereur qu'enlre une m inorilé républicaine el une mioorilé contre-révolulionnaire il y a une grande majorité de citoyens modérés et paisibles qui reprendront la direction des alfaires si la paix est maintrnue. lis manifestent donc l'inquiétude très vive que leur donne l'office de !'Empereur du 21 décembre. • L'ordre donné au maréchal de Dender de secourir l'électeur de Trèves en cas d'aUaque ou d'bosUlilés imminentes a produit ici le plus fâcheux elîel, l'obscuril6 des motifs allégués pour celle démarche y a beaucoup conlribué : on a cru voir que l'empereur renonçait au système de modéralion el de jusLice qu'il an!L sui,! Jusqu'à ce momenl pour adopter des vues conlraires au

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