• HISTOIRE SOCIALISTE 887 reux arlicle sur les dangers d'une guerre olien,;ivc. • Que le roi, que les ministres et la Cour veuillent la guerre, que les aristocrates veuillent la guerre; que les fanatiques veuiUent la guerre; que tous les ennemis de la liberté veuillent la gnerre, cela n'est point étonnant; la guerre ne peut que servir leurs projets homicides; mais que nombre de patriotes veuillent aussi la guerre; que l'opinion des patriotes puisse être partagée sur la guerre, c'est ce qoe l'on oe comprend pas el pourtant c'est une vérité dont nous sommes les témoins ... •L'honneur français est blessé! El ce sont de prétendus pal riotes qui tiennent ce langage I Lou;s XVI aussi, Narbonne aussi, les Feuillants el les ministériels aussi parlent à la nalion le langage de l'lumneur. Encore une fois, les hommes libres n'ont su jamais ce qu'était l'honneur. L'honneur est l'apanage des esclaves; l"honneur est le talisman perfide avec lequel on a vu les despotes fouler aux pieds la sainte humanité. • « Depuis le i4 juillet, nous n'entendions plus parler d'honneur. Pourquoi tout à coup reproduire ce mot et le substituer à celui de vertu? Qu'un peuple soit vertueux, qu'il soit fort, c'est tout pour lui. mais l'honneur ... L'honneur est à Coblentz, et qu'imporle à la nation française l'opinion de quelques tyrans, de quelques esclal'es qui out fw à l'aurore de la liberté? ... C'est pourtant au nom de cet honneur que Brissot a demandé la guerre. • Et quelques jours après, commentant une adresse de Yergniaud qui contenaiL ces mols: la gloil·e nous attend, le courageux journal s'écriait: « La gloire, nous n'en ,,oulons pas, nous ne voulons que le bonheur.» El il ajoutaiL ces graves et belles paroles:• Espérons du moins que l'Assemblée n'autorisera pas les peuples étrangers à suivre ses préceptes, ceux de la ,·ésistance à l'oppression. » Les discours que Robespierre prononça contre la guerre aux Jacobins le 2 janvier et le H janvier i792 étaient admirables de courage, de pénétration el de puissance; el je regrelle bien vivement de no pouvoir les citer en entier. li nous plall que ce soit le parti le plus nellement démocratique, celui qui voulait faire de la souveraineté du peuple une vérité, qui ail le plus énergiquement résisté à la guerre ; plus tard, quand la guerre sera déchainée, quand la Prance de la Rérnlulion devra dérendrè sa liberté contre l"univers conjuré, les révolutionnaires démocrates la soutiendront avec une énergie implacable; mais tant que la paix leur a paru possible, ils ont lulté, même contre la passion du peuple, pour mainl.enir la paix. Est-ce à dire qu'il n'y avait ni erreur, ni lacune, ni insuffisance, dans la thèse de Robespierre? Pour détourner les révolutionnaires de la voie guerrière où ils étaient déjà engagés, il avait besoin d'exciter leur défiance. Et il insistail au delà du vrai sur la part prise par la Cour au mouvement de guerre. Robespierre voyait dans la guerre une machinal ion du roi: il se trompait. Longtemps le roi et la reine avaient redouté la guerre. C'est seulement quand
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