Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

l!ISTOll:E SOCIALISTE V Comill- d'oli<-nation et Je 15 par l'Ai;semhlPe nationale', nr fut ordonnancée que le 2 novembre à Paris et enrcgi~tréo nu cléparlrrnrnL le 6 d(•c<•111brCet' au district le ,fi: elle ..,e portait à J,l somme de 2 13.3::.5 liHes. )lais la reH•1'ltr de., bien'> a,ail commencé dè~ le mois dejam•ier q91: ell<' ~e continua dan~ le courant dC' celle annl•c et en 1;~P; elle produisit 410,505 li, rcs. \iusi là ,11étairiC' de Longue, illc é,alm~c :18.:1,io Ji, re~. fut re,·endue 56,ooo lincs: les bàlimC'nt, de la Comnrnnderic éHtlul-e -;.~,8.i li He~. \C'ndus 1ti.3oo livrC5: les moulins du rui11.scau de Crouchou. é,alut's 20.900 livre:-, ,endu-t '11 .:too lh re,: l'abbayr de ~ainl-\lirhcl, i·Htlut'-c 18,Goo liHC's, H•mlue 41 .3oo li\ rc:,,,. 11 La municipalité dt· 1.Ï!)I(' soumi~sionna au,,i pour un grand nombre d'articles qui lui furent accordés Ir 1.~, féHicr qgr. au prh de 20'1.Hj livres; au 31 décrmbrr dr crllo année il en. était l'C\Cn.du 1>0ur :186.80'. 1incs. Les municipalités de Peyrole, de T1.•rou,, de Lapelissarié et de Bernac soumi~-;ionnt:rent au:-si pour des birns naliountr\. << Les décrels d'a01'it cl s.cplembre q91 a1Tcclai.1.n.t au paicrnc11t des deltes des munitipalill-s le sei::.ième qui leur rc\'enail Mtt' la revente des bien,.: en nmcmbrc 'ï9:t 011 prenait des dispo!'ilions pour l'e\éculion de ces dl•crct". et la liquidation des sei:ih,1e1 était ordonnt-e le 25 féHirr •ï93. c, Au 1"' août qg,. il a,ait été ,eudu des biens nationau'( pour 1.Soo,000 lhres. et nu 1u novembre 1)0ur 1,975.~32 lhres; il en re,;lait encore a ,endre pour :u',,ooo lhres. non compris le~ biens ajournés qui se portaient. bois et forl•li e\CC(>lt~~i.t 150,000 liHe-1.. Les droits incorporels, dont le rachat était pcnni::i. étaient (,,alul•:i ~1 u11 million: ;.linsile total des biens nalionau,: du district, Yendus alors ou évalués, était de 3,35p/132 lhrcs. Eu nmcmbrc q92, il en fut vendu encore pour 16ï,2'1j lin'<'ï cl il rc~lait l1 vendre l'abbaye, la commanderie et le..,capurin'i i, C:ailhac. les augu.;;lin,; t, l.i~lc cl le priruré à llabaslcns. c< A.in;;;ila ,ente des biens nalionau~. qui :..cporta à plus de deux millions, fut faite dan!- l'cspaced'ur,c ~mnl-e~de grande<, facilitt.; a,aient été donn~cs P')ur le paiement qui JlOu,ail s'crfeclucr en dou1.e annuités. et des acquéreurs étaient YCnus de tous les 1>arlis; nous n'avons pas (i les ,wmmer; beaucoup. sans doute. voyaient là un mO)Cn de faire une spéculation fructueuse ou de se crt'el' en immeubles une forlune considl·- :·able: mais il y avait parmi cu't des catholiques fcn·cnts et des partisans con,·aincus de l'ancien régime. La p1-eu,·c en est dans le nombre coni;idérabJe des acquéreurs qui émigrèrent. et le rnini<:tre de l'intérieur, consulté pour ~a,·oir si les biens qu'il.s a,•aicnt aehclés dcYaient être re,·endus ù folle enchère a raison des paiements à crrccluer, ou st'-<1ueslrtscomme apparlenrmt à des émigrés. répondait. en mars q93, que l'émigralion dc-.;adjudicataires ne pou\'ail pas changer la destination de Cl'i bien,. qui senaient de g;,ges aux assignats et ils dm,aicnt être mis de nom eau aux enchères. 1) Il est difficile. comme on voit. de donner en raccourci une idée plus prl-ciSf' rt plus rxactc des choses: et on sent que M. Rossignol aurait pu nous tracer Je tableau le plus C\act, le plus sé\'èrcment contr61é, des Ycntc-., si des préjugés conscnalcurs ou des ~cru• pules ne l'avaient persuadé qu'il c< n'a,·ail pas ;, donner les no1ns n. C'e!lt naimcnt une pr(-occupalion étrange. 11 n'y a aucune honte a descendre de familles ayant acquis des biens nationaux; il y aurait honte pcut,ètre pour ceu\ qui l'Cnicnt le mou,ement ré\'O• Julionnaire. Mais l'histoire est au-dessus de tout cela et il importe à la Yérilé que partout les registres des ventes soient publiés. que le 110111 et la QL13lilé des acquéreur? soient indiqu(·s. C'est le seul moyen d'étudiC'r la répartition des biens nationaux entre les dh·crscs classes sociales. Et comme il serait intércss..'\nt de constater si de la première période des ventes, vcntc des biens du clergé, à la seconde, ,ente des biens des émigrés, les proportions entre les di\'Crscs classes sociales d'acquéreurs, entre les paysans, les bourgeois, les flnanciers, s'est modifiée! Ce serait u11 prodigicu" coup de sonde jeté dans la ,ie sociale du monàc nou,·eau. '.\lais tant qu'on n'aura pas publié tous Jes tableaux de ,entes, Ol'l sera réduit iJ d~ <..-onjecluresou à des conclusions partielles et prl--ca.ircs. Il faudra donc qu'un grand effort de recherche soit fait en ce Sl'ns et que Jes ré!!nllals en soient publiés.

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